samedi 2 avril 2016

Broderie d'une pièce d'estomac 1880

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Pour leur spectacle Les théosophes colporteurs (Le C.R.O.U.T.O.N) j'ai réalisé pour Eutrapelia une seconde pièce d'estomac brodée pour le costume féminin 1880.

Voici le costume que j'avais réalisé pour ce spectacle : SIB_8533-1C-ret.jpg (D.R. Eutrapelia Spectacles Historiques)

Vous pouvez aller voir le teaser de leur spectacle sur youtube

Je vous propose de vous montrer les étapes de création de la broderie. De la naissance du projet à sa réalisation.

Le projet consistait en la réalisation d'une seconde pièce d'estomac (la première étant en satin de soie rose unie) brodée d'un motif naturaliste (fleurs, feuillages ...) dans un tissu précieux et couleur vert d'eau.

A la fin du XIXe siècle, la broderie d'inspiration naturaliste était très répandue. Gail Marsh[1] explique que le conseil donné aux brodeurs était :go out and draw from nature[2]. Un autre courant décoratif qui émerge est l'inspiration japonisante. Le Kyoto Costume Institute a une page consacrée aux inspiration japonaises dans la costume à la fin XIXe début XXe. Comme par exemple ce kimono brodé avec des fleurs de cerisier :

226_xl_AC09265.jpg KIMONO d'intérieur, 1906, KCI.

La première étape, une fois le projet définit dans les grandes largeurs a été de définir le motif. Voici quelques schémas réalisés pour trouver le design général de la pièce d'estomac :

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Une fois le design général définit, j'ai réalisé un premier dessin à l'échelle :

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Il a ensuite fallu rentrer dans les détails. Avec le dessin à l'échelle, l'emplacement et la taille des fleurs et feuillages était déterminé, j'ai donc encore réalisé des recherches pour pourvoir dessiner précisément les plus petits des motifs. Ce schéma est un premier jet rapide pour chercher le placement des fleurs et des feuillages dans un cercle à l'échelle 1 :

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J'ai ensuite réalisé quelques tests de broderie à l'échelle sur le tissu définitif pour vérifier la faisabilité de la broderie au passé-plat sur velours, choisir les fils adaptés à la taille des broderies, au tissu et au point utilisé.

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Le choix du fil s'est porté sur la soie gobelin de la marque Au ver à Soie. Bien que ce ne soit pas le choix le plus facile techniquement pour broder sur du velours, en observant les broderies de l'époque, on peut constater que les soies retors étaient utilisées pour ce genre d'ouvrage.

Enfin, le dessin définitif réalisé à l'ordinateur puis imprimé (il a fallu réaliser une petite rustine car en comparant le premier dessin au vêtement, les contours ne correspondaient pas exactement).

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J'ai ensuite décalqué le motif sur de la toile de lin grâce à une table lumineuse. En effet, le velours n'est pas transparent et de plus il était impossible de tracer sur l'endroit du tissu, j'ai donc dû transférer le motif en contournant ce problème. Le tire-fil ne donnant pas un résultat suffisamment fin à mon goût, surtout en travaillant sur des motifs très délicats au fils de soie sur un tissu également délicat, j'ai décidé d'utiliser une autre technique.

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Une fois le motif entièrement reporté sur le lin, j'ai assemblé le lin au dos du velours et j'ai entièrement dessiné le motif au fil de coton blanc au point avant afin que le dessin soit visible sur l'endroit du velours. Le fil de coton me servant de base pour appuyer mon passé-plat, il sera, au final, entièrement recouvert par la broderie.

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La suite du travail a été de broder le motif aux point de tige et au passé-plat.

Voici quelques détails de la broderie finie :

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L'oiseau a été modifié par rapport au premier dessin, en effet, une fois toute la végétation brodée, le motif choisi à l'origine me paraissait trop grossier, j'ai donc réalisé une rustine pour proposer un oiseau plus en accord avec le reste et dans les mêmes tons de couleur.

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Notes

[1] 19th Century embroidery techniques, Gail Marsh, Guild of Master Craftsman Publications Ltd, 20018.

[2] Sortez et dessinez d'après la nature.

jeudi 3 mars 2016

Un costume de bourgeois 1630 - 1640

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Ce costume est une proposition de reconstitution de l'habit bourgeois à la fin du règne de Louis XIII. Le costume dans son ensemble est le fruit d'un croisement entre une série de gravures (les gravures d'Abraham Bosse[1] qui a réalisé une série sur la mode) et de vêtements d'époque (pour le relevé des patrons et les techniques de construction).

La tenue est composée d'une chemise en toile de lin blanc, un pourpoint et des haut-de-chausses en drap de laine gris, un manteau en serge de laine noire, des bas en maille de soie, un collet, des manchettes et des canons en toile de lin blanc, des bottes et un chapeau.

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Le costume est peu (voire pas) décoré. En effet, la fin du règne de Louis XIII est marquée par un certain nombre d'édits visant à limiter les excès de la mode. Ainsi, broderies, passementeries et dentelles furent interdits à plusieurs reprises. Il est vraisemblable, étant donné que ces ordonnances étaient répétées régulièrement (1620, 1629, 1633) qu'elles n'étaient guère respectées. Certaines gravures nous montrent ainsi des courtisans arborant des dentelles et des passementeries dans ces mêmes périodes. L'ordonnance du 18 novembre 1633, qui défendait aux sujets de porter sur leur chemise, colets, manchettes, coiffe et sur autre linge aucune découpure et broderie de fil d'or et d'argent, passements, dentelles, points coupés, manufacturés, tant de dedans que dehors le royaume nous a inspiré dans l'élaboration de ce costume.

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lundi 4 janvier 2016

De la suspension des chausses masculines (XIIe-XVIIe)

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(...) lors commencza le monde de attacher les chausses au pourpoint. Et non le pourpoint aux chausses, car c’est chose contre nature (...).

Gargantua ; François Rabelais ; 1535.

Les chausses sont le vêtement qui couvre les jambes. D'abord séparées, en suivant l'évolution de la mode, elles seront de plus en plus hautes et couvrantes et elles finiront par être jointes et couvrir l'entre-jambe pour se transformer finalement en culotte au XVIIe siècle. Elles tiennent par suspension en les attachant grâce à des aiguillettes à un autre vêtement.

Je vous propose une petite rétrospective sur l'évolution des systèmes de suspension.

Dans le but de simplifier cet article, je ne vais m'attarder que sur la description des différents systèmes d'attaches des chausses. Il faut garder en mémoire que toute la population n'a pas abandonné d'un coup un système au profit d'un autre. Lorsque l'on parle de l'adoption du doublet au XIVe siècle et de l'impact qu'il aura sur la fixation des chausses, sa diffusion dans l'ensemble de la société prendra près d'un siècle ... plusieurs modes peuvent cohabiter sur une même période il en va de même pour la suspension des chausses.

Ainsi, je n'ai pas tenté de réaliser une chronologie précise de l'apparition ni de l'abandon de chaque système mais de les décrire pour donner les clés d'interprétation, de sorte que, devant une représentation, vous soyez capable de déterminer facilement par quel(s) moyen(s) les chausses peuvent être tenues.

Enfin, bien que la manière d'attacher les chausses ne puisse pas être considérée indépendamment de leur forme, nous n'allons pas approfondir l'évolution de celle-ci.

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samedi 12 décembre 2015

Boutons brodés sur âme en bois

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Pour le costume de bourgeois 1630, j'ai réalisé une grande série de boutons brodés qui ornent le pourpoint.

Il existe de nombreux type de boutons ''textile'' pour cette période. De la simple boule de tissu aux boutons richement brodés d'or, le bouton va faire partie des éléments qui caractérisent socialement un vêtement.

buttons-v-a.jpg Sur ce détail d'un doublet 1630, on voit sur les boutons abîmés que les boutons sont en bois rebrodés. Le motif de ces boutons, en chevrons, est cependant plus complexe que celui que je présente ici.
Doublet et chausses, 1625-1630, Victoria and Albert Museum.

Les boutons que j'ai réalisé pour ce costume sont simple d'un point de vue décoratif mais également d'un point de vue technique. Voyons les explications pas à pas ...

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samedi 24 octobre 2015

Nouer une tresse

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En attendant de nouveaux tutoriel de coiffes (XIIe siècle à venir) voici une petite astuce qui peut servir pour la suite.

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mardi 18 août 2015

Pâtés aux herbes fraîches

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Petit billet hors challenges du HFF (Je vais peut être songer à revoir le nom de la catégorie) pour montrer la fabrications de petits pâtés aux herbes sur un camp médiéval. Cette recette a été réalisée avec nos amis de la Jesus running team (à savoir Amandine et Romain) lors du rassemblement l’Épée et le bourdon 2015. Le jour où nous avions décidé de les cuisiner était un jour fort pluvieux, les conditions étaient quelque peu difficiles ...

L'idée de départ était de réaliser des petits pâtés en croûte avec des produits simples et de saison.

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lundi 27 avril 2015

Nouer sa guimpe.

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10.JPG Après un petit tour d'horizon des sources, voici une routine simple pour mettre la guimpe nouée en place.

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mercredi 15 avril 2015

Une coiffe XIIe et XIIIe : la guimpe nouée.

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La guimpe (ginple, gimple) nouée (ou touaille -toelle-) est une coiffe drapée et entortillée plusieurs fois autour de la tête qui passe sous le menton. Elle est réalisée dans une grande bande de tissu fin. Elle était utilisée par les paysannes et les servantes pour les travaux physiques mais également pour les voyages. On l'observe sur les sources du troisième quart du XIIe siècle au premier quart XIVe.

Si la guimpe désigne, au cours de la période médiévale y compris au XIIIe siècle différents types de coiffes, nous allons nous intéresser à un seul type d'entre elles : la guimpe liée ou nouée.

Cette coiffe est représentée sur des personnages de la fin du XIIe siècle (bible de Manerius) à la mi-XIIIe (vitraux de la cathédrale de Chartres et bible de Maciejowski).

Dans cette première partie, j'évoquerai la coiffe dans les sources, dans une seconde partie, je présenterai ma routine simple qui permet de draper cette coiffe facilement même sans miroir.

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mardi 17 mars 2015

Un costume de bourgeoise vers 1490

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Le costume présenté est celui d'une bourgeoise allemande à la fin du XVe siècle d'après un tableau et une gravure d'Albrecht Dürer. Cependant, ce type de vêtement est couramment représenté dans les tableaux et enluminures germanique de la fin du XVe siècle et du début du XVIe siècle.

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lundi 5 janvier 2015

Le chaperon, de l'utilitaire à la parure

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Le chaperon est un élément du costume médiéval largement répandu en reconstitution à la fois pour son côté pratique et son aspect emblématique. Nous allons à travers une brève histoire chronologique de ce vêtement et de ses formes, étudier comment il s'inscrit dans l'histoire de la mode et des usages vestimentaires.

Séparer l'histoire du chaperon, l'évolution de sa forme et de ses usages de sa définition est quasiment impossible.

Remontons à ses origines.

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