La coupe de la cotte est simple, cependant la couture et les assemblages présentent quelques subtilités intéressantes à reproduire. Ceci nous rappelle que derrière les vêtements médiévaux, il y a toujours un vrai savoir-faire.

L'une des particularité technique de cette cotte est la coupe en 3 parties des manches, qui va créer un peu d'embu au niveau des coudes et apporter de l'aisance.

Manche de la tunique : on devine le triangle d'aisance de la manche dans lequel vient se loger le coude plié.

Else Østergaard l'étudie dans Woven into the earth (2004), j'ai essayé de la reproduire assez fidèlement à 2 exceptions près :

  • L'encolure que j'ai laissée ronde.
  • L'orientation des goussets des manches. Sur certains croquis, il semble que les goussets d'aisance qui se situent au niveau du coude sont placés à l'avant des manches, sur d'autres à l'arrière. Sur les photos de la cotte (qui a été remontée, faut-il le préciser) les goussets ont été placés sur l'avant également. Après hésitations et plusieurs essayages, je les ai placés à l'arrière. Cette solution, qui me paraissait plus logique (le gousset sert à donner un peu d'ampleur au coude) semblait également plus confortable pour le porteur.

La tunique originale est réalisée dans un sergé 2/1 en laine chaine marron-grise, trame blanche. Je l'ai réalisée en sergé de laine marron.

Elle est donnée pour un homme d'une stature de 190cm, j'ai reproduit chacune des mesures en réduisant proportionnellement pour un homme de 180cm (à qui elle était destinée). La tunique a 4 triangles qui partent de la taille (devant, derrière et sur les côtés). Chaque triangle est plissé au niveau en sa pointe. Les triangles de devant sont en deux parties (Lorsque l'on évite la gaspillage de tissus au moment de la coupe, on a toujours au moins un triangle en deux parties). Les dernières études semblent indiquer que la tunique a une particularité que j'ai reproduite ici et que l'on voit rarement (difficile à déceler sur des enluminures) elle n'est fendue que devant.

Pour aller plus loin : une autre reproduction de la tunique dite de Kragelund réalisée par Per Braz.

Voici pour une fois, l'envers de la tunique, les points et les assemblages utilisés. Chaque assemblage est fait avec un point particulier répondant à des contraintes spécifiques. Ainsi l'emmanchure sera réalisée avec un point solide, tel autre avec un point plus discret ou tel autre avec une couture plus rapide à réaliser si la solidité n'est pas la priorité.

Ce petit tour d'horizon n'a pas vocation à être une explication technique, mais simplement à montrer la variété du travail de couture.

Le point arrière est souvent utilisé pour les assemblages.

La solidité de la couture rabattue est utilisée pour les emmanchures. A gauche : le point glissé invisible pour rabattre les valeurs de couture, en haut à droite, la couture terminée sur l'envers, et en dessous, la couture d'emmanchure sur l'endroit.

Pour les grandes longueurs, par exemple les assemblages des triangles en deux parties, qui nécessites moins de solidité et qui ont besoin d'être très plates, les valeurs de coutures sont rabattues des deux côtés de l'assemblage. Valeurs de coutures rabattues de part et d'autre de l'assemblage sur l'envers et l'endroit.

J'utilise également cette finition sur les manches pour éviter les sur-épaisseurs :

La souplesse du point avant est utilisée pour les plis cousus en haut des triangles.

Les triangles ne sont pas assemblés aux pans devant et derrière au point arrière mais avec une couture spécifique également utilisée pour insérer les gousset d'aisance aux chaperons. A gauche : la couture d'assemblage des triangles sur l'envers ; à droite : sur l'endroit, la couture au point glissé ; en bas : vue de l'assemblage.