Les broderies polychromes figuratives à points comptés

Deuxième partie de mon tour d'horizon des broderies médiévales germaniques à points comptés. Vous pouvez, si ce n'est déjà fait, lire la première partie, consacrée à l'opus teutonicum.

Je vous propose aujourd'hui de nous intéresser aux broderies germaniques à points comptés où la couleur a une place prépondérante.

Tenture brodée, fin XIVe siècle, MET.

Dans les ouvrages sur l'histoire de la broderie, il y a souvent peu de distinction faite entre ces deux ensembles. Si on revient à la définition de Kay Staniland, on pourrait déduire que les broderies polychromes ne sont qu'une évolution de la broderie blanche à laquelle on aurait ajouté de la couleur petit à petit. Nous avons pourtant vu que l'opus teutonicum ne saurait être réduit à la définition de broderie blanche et que la couleur semble avoir toujours fait partie de ce type d'ouvrage.

Les broderies polychromes ne sont-elles qu'une évolution logique de la broderie à dominante blanche ou ont-elles coexisté ?

Il existe un large corpus de broderies polychromes, contemporain de l'opus teutonicum qui ne répond pas à sa définition. Le problème reste leur hétérogénéité. Si l'observation de broderies et les travaux de plusieurs historiens nous ont permis de proposer une définition de l'opus teutonicum, comment définir les autres broderies à points comptés ? En négatif ?

Evolution de l'opus teutonicum ?

Quelques pièces sont difficile à discriminer.

En effet, elles présentent quelques caractéristiques de l'opus teutonicum comme le tissu de fond qui reste visible mais ne répondent pas aux autres éléments qui le définissent comme l'utilisation du fil de lin ou la dominante blanche.

Tenture d'autel, légende de St Nicolas. Allemagne 1360 – 1370.

Sur cette tenture, le tissu de fond, une toile de lin, est visible. Les personnages et les décors sont brodés avec de nombreuses couleurs. La broderie en blanc est un peu plus présente sur les bandes décoratives florales en bordures et rappellent l'opus teutonicum. La variété des points utilisés est peu importante. C'est la couleur qui nous permet une lecture fine de la scène et non les différentes textures brodées.

Vous pouvez trouvez d'autres exemples avec des photos détaillées sur ce blog : trésor de l'abbaye de Marienberg (Helmstedt).

Ces exemples sont probablement représentatifs de ce que pourrait être une évolution de l'opus teutonicum auquel on accorderait plus de place à la couleur. Mais on le voit, ça s'accompagne d'un appauvrissement des techniques.

Pourtant ce n'est pas la majorité des pièces polychromes qui répond à ce critère. D'autant que certaines de ces pièces entièrement brodées sont contemporaines de l'âge d'or de l'opus teutonicum. Nous allons donc nous intéresser aux broderies polychromes à points comptés entièrement brodées.[1]

Les différences

Pas de fond visible

La majorité des broderies polychromes sont entièrement brodées (on ne voit plus le tissu de fond). En outre, le blanc y tient une place minime ou est totalement absent.

Un exemple impressionnant est l'ensemble des vêtements de Göss que j'ai évoqué à plusieurs reprises[2]. Daté du milieu du 13e siècle, cet ensemble est contemporain de l'âge d'or de l'opus teutonicum. C''est un ensemble de vêtements liturgiques (Cape, chasuble, dalmatique) entièrement brodés de fils de soie polychromes.

Origine : Autriche, XIIIe siècle ; Musée Autrichien des arts appliqués, Vienne.

Observons d'abord la dalmatique. Les motifs sont des animaux, réels ou fantastiques. La dalmatique n'est pas symétrique : une grande frise géométrique décore tout un côté. Certains caissons brodés sont même coupés. Sa construction semble être le fait de remplois de broderies.

Les figures sont brodées en soie colorées en variations de points de gobelins obliques empiétant travaillés pour donner différents effets de diagonales ou de chevrons. Le contour des figures est brodé au point de tige en couleur contrastée.

Les carrés sont encadrés par des frises géométriques brodées au point de croix natté.

Sur la chasuble les motifs et les techniques sont sensiblement différents. L'ensemble représente des personnages (Christ, apôtres, évangélistes …) :

Ici, le fond est travaillé également au point de gobelin oblique empiétant et les personnages sont travaillés avec différents motifs de points de satin et de point de brique. Notons au passage, la joue brodée en spirale qui rappelle l'opus anglicanum.

Cet ensemble brodé se distingue très nettement de l'opus teutonicum. On peut penser que l'utilisation de légères variations dans les points permet de créer des effets de texture. En effet, la soie reflète la lumière différemment selon l'angle sous lequel le point est brodé. Ces variations ont pu créer des effets à la lumière de bougies ou de lampes à huile mais on est loin de la grande variété de l'opus teutonicum. Il semble évident que l'utilisation de couleurs vives rend moins nécessaire ce type de subtilités.

L'usage de l'or et de la soie

Une des principale caractéristiques de ces broderies, contrairement à l'opus teutonicum est l'usage massif du fil de soie. On a pu le voir dans l'exemple précédent.

Mais il existe des pièces qui intègre des fils d'or, on va le voir, de manière très différente de ce qu'on connait à la même époque avec l'opus anglicanum.

Dormition, 1320. Bohème. Photo aimablement fournie par Jessica Grimm.
Vous pouvez retrouver d'autres photos de broderies médiévales sur son blog.

Antependium : scènes de vie des saints. Aire germanique début 14e siècle.

Sur ces 2 exemples, la broderie est majoritairement réalisée aux fils de soie polychromes au point de satin ou au point de gobelin empiétant. La lecture des scènes se fait grâce à la polychromie bien que la couleur soit un peu passée.

Les fils métallisés[3] ne sont utilisés que pour rehausser des éléments particulièrement important, comme les auréoles et les objets sacrés. En ça, l'usage du fil d'or rappelle un peu celui des textures et des couleurs dans l'opus teutonicum.

Techniques et points de broderies peu variés

On le voit, les techniques et points utilisés peuvent varier d'une pièce à l'autre mais sont peu nombreux sur une seule broderie. Par exemple, sur cette étole, seul le point de brique est utilisé.

Étole (détail), pays germaniques, 14e siècle. Lyon, cathédrale Saint-Jean.

La régularité du point de brique, toujours travaillé dans le même sens donne une texture très uniforme à cette pièce.

On peut deviner, sur les zones abîmée, que le motif a été tracé sur la toile de lin.

Broderies aux motifs tracés

Couverture de coussin d'autel, Origine : Allemagne ; 1400-1430 ;

Cette pièce est entièrement brodée de soies polychromes remplie avec un seul point : le point de croix natté travaillé en bandes verticales. Néanmoins quelques points de tiges viennent rehausser le dessin par endroits.

On pourrait penser que cette technique, brodée en bandes verticales les unes à côté des autres, répond à un motif dit « à grille »[4] mais le motif est bien tracé sur le tissu.

Dans les ailes de l'ange en bas à gauche, on peut observer les traits d'encre[5], les zones de différentes couleurs sont donc remplies en suivant le tracé directement sur le tissu. Un autre indice se trouve dans les plumes des mêmes ailes où les points de croix natté sont déformés pour correspondre au tracé plutôt que de respecter le comptage habituel utilisé sur le reste de la pièce.

Conclusions

Les broderies que j'ai montré dans cet article forment un ensemble peu homogène. Les principales caractéristiques communes, en dehors des techniques de points comptés sont :

  • Le tissu entièrement brodé, fond non visible
  • Un usage de fils colorés en soie (peu ou pas de fil d'or)
  • Une faible variété de points sur une même pièce
  • Le motifs tracés sur le tissu.

Impossible donc de les désigner par un point de broderie spécifique, encore moins de les rattacher à l'opus teutonicum. L'ensemble de ces broderies mériterait probablement d'être encore étudié à la loupe de sorte à y déceler si besoin des styles bien distincts. C'est la raison pour laquelle je les ai appelées sous le terme générique de « broderies polychromes à points comptés figuratives ».

Pourquoi « figuratives » ?

Parce que cet ensemble se distingue d'un autre type de broderie à points comptés de la même période et de la même zone : les broderies « à grille ».

Sur le dernier exemple que nous avons vu, il est nécessaire de s'attarder un peu sur la bordure fleurie de la pièce.

En effet, cette bordure est réalisée selon un schéma qui se répète au point près, contrairement au reste de la broderie. Et dans les zones où cette bordure est abîmée on ne distingue aucune ligne d'encre. S'il ne s'agit dans ce cas que de la bordure, il existe tout un ensemble de broderies de cette même période qui peut être définie par cette caractéristique : un motif simplifié pour s'adapter au point de broderie et répétable à l'infini.

Je vous propose de les étudier dans un article à venir.

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Notes

[1] Une fois de plus, c'est à travers la description de quelques exemples que je vous propose d'explorer ce corpus et de tenter d'en tirer les caractéristiques principales. Si je choisis uniquement quelques pièces, vous pourrez en retrouver d'autres, enregistrées sur mon tableau pinterest.

[2] Vous pouvez retrouver des références à ces vêtements dans différents articles : les points de broderie utilisés au moyen âge ou encore sur l'usage des broderies médiévales.

[3] La couleur des fils métallisé est essentiellement liée à l'oxydation, en effet les fils fabriqués à base d’alliages et non d'or pur s'oxydent et changent de couleur au lieu de simplement ternir.

[4] c'est à dire un motif dessiné sur un modèle à part (carton, parchemin, échantillon) et reproduit en comptant les points au fur et à mesure.

[5] Pour en savoir plus sur les techniques de dessin pour les broderies, voir mes articles : Pour en finir avec le syndrome de Pénélope et A vos marques, prêts, brodez !

Pour en finir avec le syndrome de Pénélope

Réception des broderies médiévales au moyen-âge et aujourd'hui

Cet article m'a été inspiré par quelqu'un qui, à propos de la broderie de Bayeux, a fait la remarque suivante : « (…) elle a été brodée par une personne qui n’a guère vu le champ de bataille... ».

Il est vrai que la légende veut qu'elle ait été brodée par la reine Mathilde et ses dames de compagnie. Les historiens sont aujourd'hui d'accord sur le fait que cette idée relève du mythe. La tapisserie a probablement été brodée dans un monastère mais on n'en sait pas plus sur sa provenance. Cependant, l'étude de la manière de travailler des brodeuses et des brodeurs au moyen-âge peut probablement nous éclairer sur la réception que l'on peut avoir de l’œuvre.

Mais il y a un un autre point qui devrait nous amener à nous interroger sur la fiabilité des représentations qu'on retrouve sur cette broderie : son commanditaire, Odon, évêque de Bayeux et demi-frère de Guillaume le Conquérant. En mettant en lumière ce fait, on change totalement la réception que l'on peut avoir de l’œuvre et s'interroger sur son caractère politique.

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Les points de couchure au moyen-âge

Les points de couchures sont une famille de points de broderie, très utilisés dès le moyen-âge. Il en existe plusieurs types qui ne se travaillent pas tous exactement de la même façon et s'intègrent à différentes techniques et différents styles de broderie de l'époque.

Dans cet article, je vous propose de découvrir ces différents points à travers des exemples de broderies médiévales.

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Broderies à point comptés : l'Opus Teutonicum

vue-d-ensemble.png, fév. 2020

Les broderies médiévales à points comptés de l'aire germanique constituent un ensemble de broderies très variées. Du 12e au 15e siècle, ces broderies ont en commun l'utilisation de points comptés, c'est à dire que chaque point est réalisé de manière précise en comptant les fils du support de la broderie (tissu).

En dehors de cette caractéristique technique, le corpus est fort hétérogène. Pourtant bien souvent, les ouvrages relevant de cette période et de cette zone géographique sont désignés par une appellation générique, comme « german brick stitch » (point de brique allemand) ou « opus teutonicum ». Ces deux appellations posent problème. En effet, l'appellation point de brique ne reflète pas la diversité technique. Quant à l'opus teutonicum , il a une définition historique bien précise qui s’accommode assez mal de cette généralisation.

Je vous propose un petit tour d'horizon de ces différentes broderies pour décrire leurs caractéristiques techniques et graphiques et tenter de les désigner de manière satisfaisante.

  • Est-ce que ce corpus peut être considéré comme un grand ensemble cohérent ?
  • Est-ce que les différences techniques et graphiques nous permettent de discriminer des sous ensembles stylistiques et de les relier aux définitions existantes ?

Ce travail va également me permettre d'introduire la notion de style de broderie.

En effet, dans le cadre de la reconstitution de broderie médiévale, il est important de comprendre ces notions de style de broderie afin d'obtenir un résultat le plus crédible possible qui respecte à la fois les contraintes techniques et graphiques. Grâce à une meilleure description et des définitions claires, j'espère permettre à chacun de mieux comprendre les ouvrages de ce type, de les relier entre eux et de faire des choix éclairés en terme de reconstitution.

vue-d-ensemble.png, fév. 2020 Vue d'ensemble des broderies germaniques à points comptés sélectionnées sur mon tableau pinterest.

Étant donné l'ampleur du sujet, je vous propose de découvrir ces pièces en plusieurs articles afin d'éviter un article trop long :

  • L'opus teutonicum : exemples et définition.
  • Les broderies polychromes : corpus homogène ?
  • Techniques utilisées

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Jour de la quenouille

Aujourd'hui, 7 janvier, c'est le jour de la quenouille.

Gros plan sur ma quenouille pendant que je file au château du Turenne (Corrèze) avec l'association Historia Aquitanorum.

Traditionnellement, c'est le jour où les travaux domestiques reprennent, 12 jours après noël.

L'occasion de se pencher sur cet outil simple mais hautement symbolique.

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Le filage des femmes au moyen-âge

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Depuis quelques jours, est partagé sur les réseaux sociaux, un article (daté de l'an dernier) de France Culture visant à déboulonner quelques clichés sur le moyen-âge. Combattre les idées reçues, encore nombreuses, sur cette période, c'est bien. Le faire sans perpétuer d'autres clichés, c'est encore mieux.

Et là, une petite phrase m'a interpelée. Au détour du paragraphe consacré à la condition féminine , voici ce que je lis :

On est encore loin d'une égalité de droits pour l'homme et la femme, mais on aurait tort d'imaginer les femmes en train de filer la laine en attendant que leur époux revienne de sa journée de travail.

Des femmes, désœuvrées, qui filent pour passer le temps, en attendant le retour de leur époux, c'est un cliché. Mais les femmes qui filent la laine à domicile c'est une réalité essentielle de l'époque médiévale.

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Le tambour à broder

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(English readers : you can find a translation of this article on Le temps de broder.)

Après les métiers à broder qui semblent être la première forme d'outil pour tendre l'étoffe en broderie, je vous propose de nous intéresser au tambour ou cercle à broder.

Le tambour à broder est un métier circulaire en bois, généralement composé de 2 cercles qui s'emboîtent pour fixer l'étoffe. Le tambour a donc la même fonction que le métier à broder : tendre le tissu. Il diffère par sa forme et la manière dont on va tendre le tissu dessus.

Je vous propose de remonter à son apparition et son usage en occident. Une fois encore, nous utiliserons les ouvrages encyclopédiques mais également les tableaux et pièces d'époque pour cette étude. Enfin nous verrons comment en étudiant les broderies d'époques et l'évolution des styles de broderies, on peut suivre la trace de l'usage du tambour à broder au fil du temps.

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Pelote - surcot espagnol de la fin du XIIIe siècle

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Seconde pièce du costume de noble espagnol de la fin du XIIIe siècle que je vous présente : la pelote ou surcot.

Portée par dessus la tunique, le surcot espagnol a lui aussi une forme très typique. C'est un surcot sans manches dont l'ouverture sur les côtés est très échancrée. Il laisse largement voir la tunique portée en dessous. Cette forme de surcot, longueur mise à part, semble également portée aussi bien par les hommes que par les femmes.

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Point de bayeux

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Le point de Bayeux, ou point d'orient, ou point raché est une couchure dont l'exemple historique le plus célèbre est probablement la tapisserie de Bayeux, datée de la fin du XIe siècle.

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Mais si cet exemple est le plus connu, il a été utilisé pendant longtemps, en particulier pour la broderie de pièces liturgiques. Loin d'avoir été cantonné à la tapisserie au point d'aiguille (c'est à dire à la broderie de laine) il a également été utilisé pour remplir au fil de soie de grandes surfaces. Car c'est là son principal point fort en plus d'être une technique économe en fils. Saint-Aubin le décrit comme un point permettant de réaliser de la peinture à l'aiguille de manière rapide pour les ouvrages destinés à être regardés de loin.

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Métiers à broder

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(English readers : you can find a translation of this article on Le temps de broder.)

Les métiers à broder servent à tendre le tissu sur lequel on va appliquer une broderie. Si certains points de broderie peuvent s'effectuer sans tendre l'ouvrage, il en est pour lesquels c'est indispensable. Dans le cadre de broderie historique et de la reconstitution d'un atelier de brodeurs la question du métier s'est posée. Existaient-ils ? Quelle était leur forme ? Comment étaient-ils faits ?

J'ai donc exploré les sources, jusqu'au 18e siècle pour faire un tour d'horizon des types de métiers utilisés selon les périodes. J'ai arrêté mes recherches (même si je note les représentions plus récente pour archive) au 18e siècle car il semble correspondre à l'arrivée du tambour à broder rond. Je me suis contentée de dater son apparition et non d'étudier son évolution au cours du temps. Je consacrerai un article séparé sur l'apparition du tambour rond.

Les différentes sources que j'ai utilisées sont les représentations, bien sûr. Elles nous permettent d'attester de l'existence de l'outil à une date donnée. Mais celles-ci ne sont pas toujours suffisantes. Parce qu'on ne retrouve pas de représentation exhaustive de tous les outils ayant été utilisés pour les périodes anciennes mais également parce que le détail ne nous permet pas toujours d'identifier avec certitude la représentation, ni même les caractéristiques techniques de l'objet.

Nous étudierons également certains traités qui nous permettent d'avoir des précisions sur les us et coutumes de l'époque. Que se soit un traité de broderie ou un traité de peinture, ils vont venir en complément nous donner des informations supplémentaires.

Enfin, pour les périodes où l'on a aucune représentation ni texte évoquant les conditions matérielles, l'étude des broderies en elle-mêmes nous offre également quelques indices précieux sur leurs conditions de réalisation.

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Une tenue de femme noble 1630

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Ce costume est une proposition de reconstitution d'une tenue de femme noble dans les années 1630. Cette tenue est inspirée dans sa forme et sa construction par le corsage 1630 conservé au V&A et plusieurs tableaux et gravures d'époque pour l'ensemble.

Ce costume est composé d'une chemise en lin blanc, d'un cul, d'une jupe de dessous en lin doublée de lin, d'un corsage en soie fortement baleiné, d'une jupe assortie en soie doublée de soie, d'un col en lin orné de dentelle.

Des éléments de décoration en soie, dentelle et perles rehaussent cette tenue.

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Le point de croix natté

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Dans les points utilisés au Moyen-âge, si les couchures sont peut être les points les moins connus aujourd'hui, un point qui est peu connu voire mal interprété est le point de croix natté (ou long-arm cross stitch en anglais). Parfois confondu avec un point de chausson ou un point de croix serré.

Broderie à points comptés, le point de croix natté est un point de croix asymétrique. Il a été utilisé au moins dès le XIIIe siècle pour réaliser des bordures ou des frises géométriques ou bien seul pour son aspect décoratif, donnant un résultat à mi-chemin entre la tapisserie et le tricot.

Cette bourse à relique datée du XIVe siècle est également brodée au point de croix natté, le résultat en côtes parallèles fait penser à du tricot. b223582.jpg
Bourse à relique XIVe siècle, Musée d'art religieux et d'art Mosan.

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Nouvelle catégorie

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Un court message pour dire que j'ai ré-agencé les catégories du blog, pour en ajouter une spécifiquement dédiée à la broderie. Les tutoriels et explications sur des techniques historiques autre que la broderie resteront dans la catégorie techniques. Et la catégorie accessoire sera consacrée aux  […]

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Proposition de reconstitution d'un costume d'aviatrice du début du XXe siècle

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Suite et fin de la série d'articles sur le costume de pionnière de l'aviation pour la pour la compagnie Eutrapelia.

Dans les articles précédents nous avons vu les recherches effectuées dans le cadre de cette réalisation, nous allons donc, enfin voir la culotte réalisée pour le spectacle. Pour rappel les articles précédents :

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Tenue d'aviatrice : les nouvaux horizons de la féminité - Partie 3

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Troisième et dernière partie théorique sur les recherches effectuées pour la réalisation d'une tenue d'aviatrice vers 1910 pour la compagnie Eutrapelia. Après avoir étudié ensemble :

Nous allons porter notre attention plus particulièrement sur Harriet Quimby. En effet, lorsque l'on recherche des images de ces pionnières, elle retient rapidement l'attention.

D'abord au regard du nombre de documents, en particulier de photos d'elle, que se soit en civil ou en tenue de pilote.

Mais également, parce que sa médiatisation ainsi que son image révèle une véritable stratégie de gestion de sa célébrité.

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Tenue d'aviatrice : les nouvaux horizons de la féminité - Partie 2

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Après avoir fait un rapide tour d'horizon des tenues féminines liées aux activités physiques et sportives qui ont existé en ce début de XXe siècle, nous allons nous intéresser à l'aviation proprement dite.

L'aviation est une activité qui porte en elle les idées de danger, de vitesse, qui ne sont pas, à l'époque, du tout associé aux activités féminines.

Les principaux problèmes que l'activité pose en terme de tenue sont le froid, le vent, mais aussi la saleté, comme les projection d'huile ou la poussière. Les tenues d'aviations doivent donc à la fois permettre une certaine liberté de mouvements mais aussi avoir de bonnes capacités de protection.

Nous allons brièvement voir comment les hommes ont adapté leur tenue à ces problèmes. Nous détaillerons ensuite les tenues des aviatrices d'après leurs photographies.

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Tenue d'aviatrice : les nouvaux horizons de la féminité - Partie 1

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Proposition de reconstitution d'une tenue d'aviatrice vers 1910.

Une nouvelle fois, la compagnie Eutrapelia m'a fait l'honneur de me confier la réalisation de certaines pièces de costume pour leur nouveau spectacle : Antoinette.

La pièce de cet ensemble qui a demandé le plus de recherches a été la culotte d'aviatrice. Je vous propose de détailler ici ces recherches.

La tenue d'une pionnière de l'aviation est particulière dans le sens où, par définition, elle s'inscrit dans un contexte où rien n'est encore standardisé ni uniformisé. Et c'est précisément là que résident à la fois la difficulté et l'intérêt de ce type de recherche.

Pour réaliser ce costume, nous nous sommes basées sur les photographies des tenues des premières aviatrices jusqu'au début de la première guerre mondiale. Cette dernière représentant potentiellement une fracture dans la mode et les mentalités. Les textes et coupures de journaux nous ont également fourni des indications précieuses pour compléter notre approche.

J'ai également été amenée à élargir les recherches sur d'autres types de vêtements féminins liés à des activités marginales (sport, travail), dans le but d'étudier les aménagements spécifiques qui ont souvent été créés et inventés par les femmes elles-mêmes.

J'ai scindé ces recherches en plusieurs parties :

Nous nous intéresserons en premier lieu à ces vêtements spécifiques ou marginaux de la fin du 19e siècle et du début du 20e siècle. Nous verrons comment les femmes ont adapté leurs tenues pour les nouvelles activités qui se développaient et comment elles ont composé avec une société peu ouverte à ces évolutions.

Nous étudierons ensuite les tenues spécifiques à l'aviation. En évoquant brièvement la manière dont les aviateurs se sont adapté aux contraintes que l'activité imposait et ensuite en étudiant le corpus de photographies d'aviatrices en tenue.

Nous insisterons dans un article sur l'impact et la place des pionnières de l'aviation dans les mouvement de libération du corps des femmes, en étudiant le cas d'Harriet Quimby.

Enfin, un dernier article sera consacré à la réalisation elle-même et aux choix que nous avons été amenées à faire.

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Les troubadours - Michel Zink

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Les troubadours, une histoire poétique, Michel Zink, 2013, collection « Pour l’histoire » aux éditions Perrin. Ce livre se veut une histoire poétique des troubadours. Il tente de rendre à leur poésie sa fraîcheur en la suivant dans ses méandres, en disant au fil des chansons et à propos de chacune  […]

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L'usage de décors brodés dans l'habillement - introduction.

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Nous avons vu quelques points de broderie de l'époque|, des techniques appliquées à la broderie, les costumes des artisans et les outils.

La question de l'existence de la broderie n'est évidemment pas sujette à caution, il faut néanmoins s'intéresser aux usages de ces broderies : Par qui ? Pour quoi ? sont-elles utilisées. Est-ce que tous les décors brodés sont utilisés de la même manière ?

Ce premier article est une introduction aux différents usages des décors brodés au Moyen-âge dans l'habillement. J'ai écarté le mobilier (civil et liturgique) car la longueur de l'article me semblait déjà suffisante. En outre, je m'accorderai ainsi une pause pour me permettre de traiter ces usages de manière plus approfondie plus tard. Cet article était déjà en préparation depuis plusieurs années, le couper me permet d'enfin le publier sans pour autant en bâcler tout un pan.

Dans les articles à venir également, je vous présenterai quelques exemples de broderies (parfois terminées, parfois en cours) que nous réalisons dans le cadre de l'atelier de brodeurs. Nous évoquerons alors plus en détail les sources, les techniques et les matériaux.

Si l'atelier de brodeurs et les brodeurs eux-mêmes sont fixés dans une aire spatio-temporelle, les ouvrages proposés sont d'origine plus étendue. En effet, la variété des styles de broderies, des écoles, nous semblait aussi primordiale à évoquer pour illustrer la richesse de l'art de la broderie au Moyen-age et, à titre personnel, passionnant à découvrir et approfondir. Nous nous intéresserons donc aux broderies occidentales du XIIe au XIVe siècles !

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Ça a un goût d'aligot

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Voici deux plats simples : un hachis d'herbes fraîches et une purée de lentilles. Ces plats sont adaptables et déclinables à l'envie en fonction des ingrédients disponibles. Tous les deux sont issus du traité italien du XIVe siècle : Il libro della cucina del secolo XIV, dont j'ai utilisé la version  […]

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