Les broderies à point comptés au moyen-âge.

Les broderies médiévales à points comptés de l'aire germanique constituent un ensemble de broderies très variées. Du 12e au 15e siècle, ces broderies ont en commun l'utilisation de points comptés, c'est à dire que chaque point est réalisé de manière précise en comptant les fils du support de la broderie (tissu). En dehors de cette caractéristique technique, le corpus est fort hétérogène. Pourtant bien souvent, les ouvrages relevant de cette période et de cette zone géographique sont désignés par une appellation générique, comme « german brick stitch » (point de brique allemand) ou « opus teutonicum ». Ces deux appellations posent cependant problème. En effet, l'appellation point de brique ne reflète pas la diversité technique. Quant à l'opus teutonicum , il a une définition historique bien précise qui s’accommode assez mal de cette généralisation.

Je vous propose un tour d'horizon de ces différentes broderies pour en décrire un maximum de caractéristiques techniques et graphiques afin d'en dégager un socle commun qui permettrait de les désigner de manière satisfaisante. Ce travail va également me permettre d'introduire la notion de style de broderie. Comment le désigner ? Est-ce que ce corpus peut être considéré comme un grand ensemble cohérent ? Est-ce que les différences techniques et graphiques nous permettent de discriminer les sous ensembles stylistiques et de se raccrocher aux définitions existantes ?

vue-d-ensemble.png, fév. 2020 Vue d'ensemble des broderies germaniques à points comptés sélectionnées sur mon tableau pinterest.

Dans le cadre de la reconstitution (et non reproduction à l'exacte) de broderie médiévale, il est important de comprendre ces notions de style de broderie afin d'obtenir un résultat le plus crédible possible qui respecte à la fois les contraintes techniques et graphiques. Grâce à une meilleure description et des définitions claires, j'espère permettre à chacun de mieux comprendre les ouvrages de ce type, de les relier entre eux et de faire des choix éclairés en terme de reconstitution.

Étant donné l'ampleur du sujet, je vous propose de découvrir ces pièces en plusieurs articles afin d'éviter un article trop long :

  • L'opus teutonicum : exemples et définition.
  • Les broderies polychromes : corpus homogène ?
  • Techniques utilisées

L'opus Teutonicum

La définition la plus connue de l'opus teutonicum est sans doute celle que donne Kay Staniland à la fin de son ouvrage les brodeurs[1] : « se rapporterait aux broderie en fil de lin sur toile blanche ». Dans le texte du livre, il complète cependant la description de la broderie germanique par l'apport de fils de soie polychrome. « L'or y est très peu employé, parfois pas du tout, ce qui est caractéristique de la broderie germanique du XIIe siècle ; la richesse des effets obtenues par les fils de soie de couleurs compense néanmoins ce manque ».

L'opus teutonicum : broderies de lin

Dès le moyen-âge, les broderies au fil de lin étaient considérées comme typiquement allemandes, les termes opus teutonicum, opus alemanicum ou ad modum allamanicum ont été relevés dans des inventaires de cette période et il apparaît que se c'est bien la nature des matériaux (le lin) qui définisse cette appellation en opposition aux broderies au fil de soie, et aux broderie d'or de l'opus anglicanum.

Longtemps, la question de la broderie en lin a été interprétée comme une réponse à un problème économique. En effet, ces broderies provenant de couvents de régions pauvres (basse-Saxe), il peut sembler évident qu'à une époque où la soie est importée (la culture de la soie ne se développe en Italie que vers la fin du 12e siècle et vraisemblablement au cours du 13e siècle dans le sud de la France), des matériaux moins coûteux aient été utilisés. Mais l'utilisation de matériaux simples répond aussi à un impératif monastique : une expression de piété et de modestie.

x-default, fév. 2020 L'adoration des mages, nappe d'hôtel. ; Sophia, Hadewigis, and Lucardis (possiblement les brodeuses[2]) ; seconde moitié du 14e siècle.

L'opus teutonicum : broderie aux accents colorés

Au 19e siècle, les historiens de l'art ont consacré l'expression opus teutonicum pour désigner ces broderies blanches au fil de lin. L'appellation broderie blanche sous-entend que la couleur n'y est pas présente du tout (les exemples modernes de broderie blanche, comme la broderie de Richelieu ou la broderie hardanger n'utilisent pas du tout de fils colorés). Il est en effet notable qu'un certain nombre de ces broderies médiévales allemandes sont parvenues jusqu'à nous entièrement blanches. L'absence de couleur a alors été interprétée comme un rappel symbolique de la l'idéal de pauvreté des ordres, en particulier de l'habit blanc des cisterciens.

Mais les recherches récentes de Stefanie Seeberg[3] viennent nuancer ces observations et interprétations. La lecture de documents anciens, comme les descriptions datant du XVIIe siècle de ces broderies, ainsi que les observations minutieuses et des analyses à la lumière à UV ont permis à Stefanie Seeberg de dresser un portrait robot de ce à quoi ressemblaient ces broderies au moyen-âge.

Il en ressort que ces broderies réalisées au fil de lin sur toile blanche présentaient des touches de couleurs. Sur ces broderies en lin à dominante blanche, les lignes de contour et des accents étaient réalisés à l'aide de fils de soie, de laine ou de lin colorés. La teinture du lin étant peu durable dans le temps, certaines de ces broderies nous apparaissent aujourd'hui entièrement blanches. Elles semblent pourtant relever du même courant stylistique que celles où les accents sont réalisés en soie comme le relevait Kay Staniland dans son livre.

fmd477356(2).jpg, fév. 2020 Tenture de l'abbaye d'Isenhagen, 1346/1355. Musée de l'abbaye d'Isenhagen. © Bildarchiv Foto Marburg / Foto: Scheidt, Thomas; Aufn.

Cette tenture à dominante blanche est brodée de motifs nombreux : scènes religieuses (annonciation), d'animaux, de motifs héraldiques, le tout entouré de feuillages. Le fond en lin blanc est largement visible. Une partie des éléments est brodée en blanc, rehaussé de couleurs pour les contours. Certains éléments sont brodés en couleur.

cerf-01.png, fév. 2020 Rapprochons-nous du cerf au serpent. Le corps du cerf est brodé de blanc, le contour de bleu et ces bois sont brodés en brun. Le serpent est brodé en bleu. La broderie blanche est réalisée à point comptés : les pattes et la tête au point de brique, le corps au point de satin qui laisse voir le tissu de fond et crée ainsi une texture géométrique. Les bois et le serpent sont brodé au point droit de tapisserie empiétant. Le contour est brodé au point de tige.

On peut observer la même répartition des points de broderie sur ce 2eme détail d'un homme chevauchant un lion (probablement Samson). Mais on peut également observer le tracé du motif sur les pieds de l'homme qui ne sont pas brodés mais également sous les lignes de contour.

Il semble qu'il faille imaginer l'ensemble des broderies de l'opus teutonicum comme cette tenture pour se représenter leur état à l'époque de leur fabrication.

L'opus teutonicum : broderie à textures

Autre spécificité de ces broderies à dominante blanches, c'est le contraste de perception selon la distance d'observation. En effet, vues de loin, les accents colorés devaient permettre de percevoir et lire le dessin brodé. Mais de plus près, la variété des textures des points de broderies offrait une lecture plus subtile et plus précise de ces dessins. Jusqu'à 34 motifs différents ont été dénombrés sur une même pièce. Lorsque l'on étudie plus attentivement le traitement graphique de ces broderies, on peut noter que l'on retrouve le même traitement graphique que dans la peinture de cette époque, comme sur ce détail de la nappe d'autel que l'on a vu précédemment :

Détail de la nappe d'autel mais avec plus de contraste pour mieux apprécier les différentes textures.

Sur ce détail de la broderie, on peut mieux apprécier les différentes textures créée par la broderie monochrome. Le décor floral du fond est traité de manière uniforme tandis que les différentes parties des personnages présentent des textures variées. Les couronnes et les auréoles ont un contraste de texture important tandis que le visage ou la main sont traités de manière plus discrète, rappelant ainsi ce qu'on peut observer en peinture.

C'est la raison pour laquelle l'appellation « german brick stitch » ne peut pas s'appliquer à toutes les broderies germaniques de la période médiévale. En effet, elle ne met l'accent que sur un seul point de broderie au détriment de tous les autres qui sont largement utilisés et contribuent fortement à la spécificité de ces broderies. s'il existe bien un corpus de broderies germaniques réalisées exclusivement au point de brique en soie polychrome, il semble inapproprié de généraliser cette appellation à l'ensemble des broderies à point compté de l'époque médiévale.

antependium-01.png, fév. 2020 Antependium, origine : allemagne, 1301-1400, Musées Royaux d'art et d'Histoire, Bruxelles.

Cette tenture apparaît blanche de loin mais on peut observer de léger accents de couleur jaune et rouge. La broderie laisse largement voir le tissu de fond en lin blanc. Elle est brodée de scènes religieuses et d'animaux et de personnages fantastiques inscrits dans des décors architecturaux. D'autres décors animaliers et floraux encadrent le tout.

Malgré l'aspect fortement monochromatique, on distingue assez vite les différentes textures créées par la broderie. Que se soit entre les différentes parties des personnages (visages, différentes parties du corps, de vêtements) et les décors.

antependium-01-detail.png, fév. 2020 Approchons-nous de ce personnage brodé en blanc avec des rehauts et un contour brun. Seule la coiffe est brodée en jaune. Le corps est brodé de points lancés formant des figures géométriques proches du losange, le visage est brodé au point de brique tandis que la coiffe est brodée en jours (c'est à dire que les points sont serrés si fortement qu'ils écartes les fibres du tissu de sorte à former des trous ou «jours»). L'encadrement architectural, en blanc également, est brodé au point de satin formant une texture géométrique élaborée.

Conclusion

Nous pouvons à présent établir un contour plus précis de ce que peut désigner l'opus teutonicum :
Des motifs figuratifs brodés sur toile de lin laissant apparaître le tissu de fond. La broderie est réalisée en dominante blanche avec des accents colorés. La technique employée est majoritairement composée de points comptés créant des textures variées qui soulignent les motifs.

Nous sommes encore loin de l'ensemble du corpus de broderies germaniques à points comptés de l'époque médiévale. En effet, toute une partie de ce grand ensemble est composé de broderies largement polychromes. Je vous propose de nous y intéresser dans article à venir.

Notes

[1] Staniland, K. (1992). Les brodeurs (Les artisans du Moyen âge). France : Brepols.

[2] Seeberg S. (2012) Women as makers of church decoration : Illustrated textiles at the monasteries of altenberg/lahn, Rupertsberg, and Heiningen (13th-14th c.) ; Martin, Th. : Reassessing the Roles of Women as 'Makers' of Medieval Art and Architecture. Volume one. Boston : Brill.

[3] Seeberg, S. (2014). Textile Bildewerke im Kirchenraum : Leinenstikereien im Kontext millerlalterlicher Raumausstattungen aus dem Prämonstratenserinnen-Kloster Alterberg/ Lan. Allemagne : Michael Imhof Verlag ed.

Jour de la quenouille

Aujourd'hui, 7 janvier, c'est le jour de la quenouille.

Gros plan sur ma quenouille pendant que je file au château du Turenne (Corrèze) avec l'association Historia Aquitanorum.

Traditionnellement, c'est le jour où les travaux domestiques reprennent, 12 jours après noël.

L'occasion de se pencher sur cet outil simple mais hautement symbolique.

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Le filage des femmes au moyen-âge

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Depuis quelques jours, est partagé sur les réseaux sociaux, un article (daté de l'an dernier) de France Culture visant à déboulonner quelques clichés sur le moyen-âge. Combattre les idées reçues, encore nombreuses, sur cette période, c'est bien. Le faire sans perpétuer d'autres clichés, c'est encore mieux.

Et là, une petite phrase m'a interpelée. Au détour du paragraphe consacré à la condition féminine , voici ce que je lis :

On est encore loin d'une égalité de droits pour l'homme et la femme, mais on aurait tort d'imaginer les femmes en train de filer la laine en attendant que leur époux revienne de sa journée de travail.

Des femmes, désœuvrées, qui filent pour passer le temps, en attendant le retour de leur époux, c'est un cliché. Mais les femmes qui filent la laine à domicile c'est une réalité essentielle de l'époque médiévale.

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Le tambour à broder

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Après les métiers à broder qui semblent être la première forme d'outil pour tendre l'étoffe en broderie, je vous propose de nous intéresser au tambour ou cercle à broder.

Le tambour à broder est un métier circulaire en bois, généralement composé de 2 cercles qui s'emboîtent pour fixer l'étoffe. Le tambour a donc la même fonction que le métier à broder : tendre le tissu. Il diffère par sa forme et la manière dont on va tendre le tissu dessus.

Je vous propose de remonter à son apparition et son usage en occident. Une fois encore, nous utiliserons les ouvrages encyclopédiques mais également les tableaux et pièces d'époque pour cette étude. Enfin nous verrons comment en étudiant les broderies d'époques et l'évolution des styles de broderies, on peut suivre la trace de l'usage du tambour à broder au fil du temps.

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Pelote - surcot espagnol de la fin du XIIIe siècle

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Seconde pièce du costume de noble espagnol de la fin du XIIIe siècle que je vous présente : la pelote ou surcot.

Portée par dessus la tunique, le surcot espagnol a lui aussi une forme très typique. C'est un surcot sans manches dont l'ouverture sur les côtés est très échancrée. Il laisse largement voir la tunique portée en dessous. Cette forme de surcot, longueur mise à part, semble également portée aussi bien par les hommes que par les femmes.

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Point de bayeux

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Le point de Bayeux, ou point d'orient, ou point raché est une couchure dont l'exemple historique le plus célèbre est probablement la tapisserie de Bayeux, datée de la fin du XIe siècle.

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Mais si cet exemple est le plus connu, il a été utilisé pendant longtemps, en particulier pour la broderie de pièces liturgiques. Loin d'avoir été cantonné à la tapisserie au point d'aiguille (c'est à dire à la broderie de laine) il a également été utilisé pour remplir au fil de soie de grandes surfaces. Car c'est là son principal point fort en plus d'être une technique économe en fils. Saint-Aubin le décrit comme un point permettant de réaliser de la peinture à l'aiguille de manière rapide pour les ouvrages destinés à être regardés de loin.

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Métiers à broder

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Les métiers à broder servent à tendre le tissu sur lequel on va appliquer une broderie. Si certains points de broderie peuvent s'effectuer sans tendre l'ouvrage, il en est pour lesquels c'est indispensable. Dans le cadre de broderie historique et de la reconstitution d'un atelier de brodeurs la question du métier s'est posée. Existaient-ils ? Quelle était leur forme ? Comment étaient-ils faits ?

J'ai donc exploré les sources, jusqu'au 18e siècle pour faire un tour d'horizon des types de métiers utilisés selon les périodes. J'ai arrêté mes recherches (même si je note les représentions plus récente pour archive) au 18e siècle car il semble correspondre à l'arrivée du tambour à broder rond. Je me suis contentée de dater son apparition et non d'étudier son évolution au cours du temps. Je consacrerai un article séparé sur l'apparition du tambour rond.

Les différentes sources que j'ai utilisées sont les représentations, bien sûr. Elles nous permettent d'attester de l'existence de l'outil à une date donnée. Mais celles-ci ne sont pas toujours suffisantes. Parce qu'on ne retrouve pas de représentation exhaustive de tous les outils ayant été utilisés pour les périodes anciennes mais également parce que le détail ne nous permet pas toujours d'identifier avec certitude la représentation, ni même les caractéristiques techniques de l'objet.

Nous étudierons également certains traités qui nous permettent d'avoir des précisions sur les us et coutumes de l'époque. Que se soit un traité de broderie ou un traité de peinture, ils vont venir en complément nous donner des informations supplémentaires.

Enfin, pour les périodes où l'on a aucune représentation ni texte évoquant les conditions matérielles, l'étude des broderies en elle-mêmes nous offre également quelques indices précieux sur leurs conditions de réalisation.

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Une tenue de femme noble 1630

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Ce costume est une proposition de reconstitution d'une tenue de femme noble dans les années 1630. Cette tenue est inspirée dans sa forme et sa construction par le corsage 1630 conservé au V&A et plusieurs tableaux et gravures d'époque pour l'ensemble.

Ce costume est composé d'une chemise en lin blanc, d'un cul, d'une jupe de dessous en lin doublée de lin, d'un corsage en soie fortement baleiné, d'une jupe assortie en soie doublée de soie, d'un col en lin orné de dentelle.

Des éléments de décoration en soie, dentelle et perles rehaussent cette tenue.

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Le point de croix natté

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Dans les points utilisés au Moyen-âge, si les couchures sont peut être les points les moins connus aujourd'hui, un point qui est peu connu voire mal interprété est le point de croix natté (ou long-arm cross stitch en anglais). Parfois confondu avec un point de chausson ou un point de croix serré.

Broderie à points comptés, le point de croix natté est un point de croix asymétrique. Il a été utilisé au moins dès le XIIIe siècle pour réaliser des bordures ou des frises géométriques ou bien seul pour son aspect décoratif, donnant un résultat à mi-chemin entre la tapisserie et le tricot.

Cette bourse à relique datée du XIVe siècle est également brodée au point de croix natté, le résultat en côtes parallèles fait penser à du tricot. b223582.jpg
Bourse à relique XIVe siècle, Musée d'art religieux et d'art Mosan.

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Nouvelle catégorie

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Un court message pour dire que j'ai ré-agencé les catégories du blog, pour en ajouter une spécifiquement dédiée à la broderie. Les tutoriels et explications sur des techniques historiques autre que la broderie resteront dans la catégorie techniques. Et la catégorie accessoire sera consacrée aux  […]

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Proposition de reconstitution d'un costume d'aviatrice du début du XXe siècle

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Suite et fin de la série d'articles sur le costume de pionnière de l'aviation pour la pour la compagnie Eutrapelia.

Dans les articles précédents nous avons vu les recherches effectuées dans le cadre de cette réalisation, nous allons donc, enfin voir la culotte réalisée pour le spectacle. Pour rappel les articles précédents :

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Tenue d'aviatrice : les nouvaux horizons de la féminité - Partie 3

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Troisième et dernière partie théorique sur les recherches effectuées pour la réalisation d'une tenue d'aviatrice vers 1910 pour la compagnie Eutrapelia. Après avoir étudié ensemble :

Nous allons porter notre attention plus particulièrement sur Harriet Quimby. En effet, lorsque l'on recherche des images de ces pionnières, elle retient rapidement l'attention.

D'abord au regard du nombre de documents, en particulier de photos d'elle, que se soit en civil ou en tenue de pilote.

Mais également, parce que sa médiatisation ainsi que son image révèle une véritable stratégie de gestion de sa célébrité.

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Tenue d'aviatrice : les nouvaux horizons de la féminité - Partie 2

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Après avoir fait un rapide tour d'horizon des tenues féminines liées aux activités physiques et sportives qui ont existé en ce début de XXe siècle, nous allons nous intéresser à l'aviation proprement dite.

L'aviation est une activité qui porte en elle les idées de danger, de vitesse, qui ne sont pas, à l'époque, du tout associé aux activités féminines.

Les principaux problèmes que l'activité pose en terme de tenue sont le froid, le vent, mais aussi la saleté, comme les projection d'huile ou la poussière. Les tenues d'aviations doivent donc à la fois permettre une certaine liberté de mouvements mais aussi avoir de bonnes capacités de protection.

Nous allons brièvement voir comment les hommes ont adapté leur tenue à ces problèmes. Nous détaillerons ensuite les tenues des aviatrices d'après leurs photographies.

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Tenue d'aviatrice : les nouvaux horizons de la féminité - Partie 1

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Proposition de reconstitution d'une tenue d'aviatrice vers 1910.

Une nouvelle fois, la compagnie Eutrapelia m'a fait l'honneur de me confier la réalisation de certaines pièces de costume pour leur nouveau spectacle : Antoinette.

La pièce de cet ensemble qui a demandé le plus de recherches a été la culotte d'aviatrice. Je vous propose de détailler ici ces recherches.

La tenue d'une pionnière de l'aviation est particulière dans le sens où, par définition, elle s'inscrit dans un contexte où rien n'est encore standardisé ni uniformisé. Et c'est précisément là que résident à la fois la difficulté et l'intérêt de ce type de recherche.

Pour réaliser ce costume, nous nous sommes basées sur les photographies des tenues des premières aviatrices jusqu'au début de la première guerre mondiale. Cette dernière représentant potentiellement une fracture dans la mode et les mentalités. Les textes et coupures de journaux nous ont également fourni des indications précieuses pour compléter notre approche.

J'ai également été amenée à élargir les recherches sur d'autres types de vêtements féminins liés à des activités marginales (sport, travail), dans le but d'étudier les aménagements spécifiques qui ont souvent été créés et inventés par les femmes elles-mêmes.

J'ai scindé ces recherches en plusieurs parties :

Nous nous intéresserons en premier lieu à ces vêtements spécifiques ou marginaux de la fin du 19e siècle et du début du 20e siècle. Nous verrons comment les femmes ont adapté leurs tenues pour les nouvelles activités qui se développaient et comment elles ont composé avec une société peu ouverte à ces évolutions.

Nous étudierons ensuite les tenues spécifiques à l'aviation. En évoquant brièvement la manière dont les aviateurs se sont adapté aux contraintes que l'activité imposait et ensuite en étudiant le corpus de photographies d'aviatrices en tenue.

Nous insisterons dans un article sur l'impact et la place des pionnières de l'aviation dans les mouvement de libération du corps des femmes, en étudiant le cas d'Harriet Quimby.

Enfin, un dernier article sera consacré à la réalisation elle-même et aux choix que nous avons été amenées à faire.

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Les troubadours - Michel Zink

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Les troubadours, une histoire poétique, Michel Zink, 2013, collection « Pour l’histoire » aux éditions Perrin. Ce livre se veut une histoire poétique des troubadours. Il tente de rendre à leur poésie sa fraîcheur en la suivant dans ses méandres, en disant au fil des chansons et à propos de chacune  […]

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L'usage de décors brodés dans l'habillement - introduction.

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Nous avons vu quelques points de broderie de l'époque, des techniques appliquées à la broderie, les costumes des artisans et les outils.

La question de l'existence de la broderie n'est évidemment pas sujette à caution, il faut néanmoins s'intéresser aux usages de ces broderies : Par qui ? Pour quoi ? sont-elles utilisées. Est-ce que tous les décors brodés sont utilisés de la même manière ?

Ce premier article est une introduction aux différents usages des décors brodés au Moyen-âge dans l'habillement. J'ai écarté le mobilier (civil et liturgique) car la longueur de l'article me semblait déjà suffisante. En outre, je m'accorderai ainsi une pause pour me permettre de traiter ces usages de manière plus approfondie plus tard. Cet article était déjà en préparation depuis plusieurs années, le couper me permet d'enfin le publier sans pour autant en bâcler tout un pan.

Dans les articles à venir également, je vous présenterai quelques exemples de broderies (parfois terminées, parfois en cours) que nous réalisons dans le cadre de l'atelier de brodeurs. Nous évoquerons alors plus en détail les sources, les techniques et les matériaux.

Si l'atelier de brodeurs et les brodeurs eux-mêmes sont fixés dans une aire spatio-temporelle, les ouvrages proposés sont d'origine plus étendue. En effet, la variété des styles de broderies, des écoles, nous semblait aussi primordiale à évoquer pour illustrer la richesse de l'art de la broderie au Moyen-age et, à titre personnel, passionnant à découvrir et approfondir. Nous nous intéresserons donc aux broderies occidentales du XIIe au XIVe siècles !

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Ça a un goût d'aligot

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Voici deux plats simples : un hachis d'herbes fraîches et une purée de lentilles. Ces plats sont adaptables et déclinables à l'envie en fonction des ingrédients disponibles. Tous les deux sont issus du traité italien du XIVe siècle : Il libro della cucina del secolo XIV, dont j'ai utilisé la version  […]

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Broderies médiévales : points utilisés

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Les points de broderies utilisés au milieu du moyen-âge sont assez simples et pour la plupart encore largement utilisés aujourd'hui. Si utiliser un point attesté à une période donnée n'est pas suffisant pour faire de la broderie historique (nous verrons ce point dans la conclusion), c'est un prérequis nécessaire.

Cet article a pour but de recenser les points les plus fréquemment utilisés d'après les artefacts qui nous sont parvenus. Pour une explication complète et technique sur les points de broderie en eux même, de nombreux ouvrages et sites internet proposent des explications claires et détaillées (Le site de Mary Corbet par exemple ou L'Encyclopédie de la broderie : Plus de quatre cents points de Mary Thomas et Jan Eaton, Ed. Fleurus).

Un grand merci à Laetitia Martini de l’association Fief et Chevalerie pour m'avoir permis d'utiliser certaines de ses photographies prises au musée de Sens.

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Saya encordada - tunique espagnole XIIIe siècle

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saya-03.JPGDans le cadre d'une proposition de reconstitution d'un costume noble espagnol de la seconde moitié du XIIIe siècle, je vais vous présenter d'abord quelques pièces individuellement. Je réaliserai un article global sur l'ensemble du costume et des choix qui ont été faits ensuite.

La première pièce, très typique et spécifique à l'Espagne de cette période est la saya encordada ou tunique lacée. La saya est un vêtement intermédiaire (cotte, portée sur la chemise et sous le surcot ou le manteau) porté aussi bien par les hommes que par les femmes durant le XIIIe siècle.

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