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mercredi 2 août 2017

L'usage de décors brodés dans l'habillement - introduction.

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Nous avons vu quelques points de broderie de l'époque, des techniques appliquées à la broderie, les costumes des artisans et les outils.

La question de l'existence de la broderie n'est évidemment pas sujette à caution, il faut néanmoins s'intéresser aux usages de ces broderies : Par qui ? Pour quoi ? sont-elles utilisées. Est-ce que tous les décors brodés sont utilisés de la même manière ?

Ce premier article est une introduction aux différents usages des décors brodés au Moyen-âge dans l'habillement. J'ai écarté le mobilier (civil et liturgique) car la longueur de l'article me semblait déjà suffisante. En outre, je m'accorderai ainsi une pause pour me permettre de traiter ces usages de manière plus approfondie plus tard. Cet article était déjà en préparation depuis plusieurs années, le couper me permet d'enfin le publier sans pour autant en bâcler tout un pan.

Dans les articles à venir également, je vous présenterai quelques exemples de broderies (parfois terminées, parfois en cours) que nous réalisons dans le cadre de l'atelier de brodeurs. Nous évoquerons alors plus en détail les sources, les techniques et les matériaux.

Si l'atelier de brodeurs et les brodeurs eux-mêmes sont fixés dans une aire spatio-temporelle, les ouvrages proposés sont d'origine plus étendue. En effet, la variété des styles de broderies, des écoles, nous semblait aussi primordiale à évoquer pour illustrer la richesse de l'art de la broderie au Moyen-age et, à titre personnel, passionnant à découvrir et approfondir. Nous nous intéresserons donc aux broderies occidentales du XIIe au XIVe siècles !

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samedi 4 décembre 2010

Proposition de reconstitution d'un costume de brodeur vers 1200

Dans le cadre de l'atelier de brodeurs, voici le costume de l'artisan brodeur. J'ai déjà évoqué brièvement le contexte économique et social de ces [artisans dans l'article consacré au costume de brodeuse. Il s'agit donc du costume de son époux.

La cotte que nous avons choisi de faire est une reproduction de la tunique dite de Moselund (datée c14 1050-1155). Nous avons décidé de la décorer de broderie en s'inspirant des enluminures de la fin du XIIe siècle (Bible de Manerius). Les accessoires (chapeau, ceinture), de part leur facture, dénotent un statut aisé.

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mardi 12 octobre 2010

Un atelier de brodeurs vers 1200 : les outils

Dans la reconstitution d'un atelier artisanal, la reconstitution des outils est probablement la plus facile. Même si les sources pour certains outils sont rare ou que l'on a peu d'information, c'est malgré tout plus évident que l'étude des mentalités ou du contexte social. C'est pourquoi cet article vient en premier.

J'ai réunis les objets en 4 catégories :

  • Le mobilier ;
  • Les outils liés au commerce ;
  • Les outils liés au dessin et à la préparation de l'ouvrage ;
  • Les outils de broderie proprement-dits.

Travailler sur ces outils est aussi l'opportunité de se pencher sur les rapports qui pouvait exister entre les artisans et le reste de la société. Ainsi les outils de comptage et de commerce nous fournissent l'occasion de nous intéresser aux échanges et les outils de dessin aux relations que les ateliers de broderies pouvaient entretenir avec un autre corps de métier : les peintres.

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lundi 7 décembre 2009

Proposition de reconstitution d'un costume de brodeuse vers 1200.

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A la charnière entre les XIIe et XIIIe siècles, on connait peu de choses du statut des artisans en France. Mais il semblerait que leur statut subisse une profonde mutation. Petit à petit, les métiers sortent du cadre privé des ateliers seigneuriaux vers la sphère publique. La fin de cette mutation se retranscrit au travers du dépôt du statut des métiers par le préfet de Paris en 1268.

Le costume présenté est celui d'une brodeuse qui dirige un atelier travaillant essentiellement pour une maison noble. En plus du paiement de leurs ouvrages, les artisans travaillant au service de ces maisons perçoivent des gratifications pécuniaires ou les matières premières (étoffes, fourrures ...) nécessaires à la confection d'une garde-robe à la hauteur de leur rang. Les étoffes étant très chères il faudrait un peu moins d'un an de salaire à notre chef d'atelier pour s'offrir de quoi tailler une robe dans un drap de laine d'assez bonne qualité (et plus d'un an de salaire pour une ouvrière). On comprend alors mieux pourquoi les nobles habillaient leurs gens et pourquoi les vêtements entraient dans les inventaires et donations après décès. La robe de notre brodeuse est donc taillée dans un drap offert par son employeur.

Le costume est conforme à la mode de l'époque, telle que décrite dans les textes courtois, qui nous renseignent sur les usages des vêtements et éclairent l'iconographie en animant, en quelque sorte, les images figées que nous pouvons observer. Les textes des moralistes sont également étudiés de sorte à avoir un second éclairage sur la question.

Ainsi, le costume se compose d'une robe de fin sergé de laine lacée sur les côtés, d'une chemise de lin blanc finement plissée, d'une ceinture de laine tissée. Deux coiffes complètent cette tenue, l'une plus formelle et classique, l'autre en soie, comme les coquettes de l'époque.

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