lundi 20 mars 2017

Broderies médiévales : points utilisés

Les points de broderies utilisés au milieu du moyen-âge sont assez simples et pour la plupart encore largement utilisés aujourd'hui. Si utiliser un point attesté à une période donnée n'est pas suffisant pour faire de la broderie historique (nous verrons ce point dans la conclusion), c'est un prérequis nécessaire.

Cet article a pour but de recenser les points les plus fréquemment utilisés d'après les artefacts qui nous sont parvenus. Pour une explication complète et technique sur les points de broderie en eux même, de nombreux ouvrages et sites internet proposent des explications claires et détaillées (Le site de Mary Corbet par exemple ou L'Encyclopédie de la broderie : Plus de quatre cents points de Mary Thomas et Jan Eaton, Ed. Fleurus).

Un grand merci à Laetitia Martini de l’association Fief et Chevalerie pour m'avoir permis d'utiliser certaines de ses photographies prises au musée de Sens.

Points abordés dans l'article

  • Point de tige ;
  • Point fendu ;
  • Point de chaînette ;
  • Point de brique ;
  • Points de couchures ;

Point de tige

Le point de tige est un des points les plus utilisé en broderie aujourd'hui. A l'époque médiévale, il était utilisé pour les contours essentiellement.

Point fendu

Le point fendu est un point de tige où l'ont fait ressortir l'aiguille dans le point précédent. Il était travaillé au fil de soie floche.

L'effet ressemble au point de chaînette mais il est plus économe en fil. Il servait aux contours par exemple dans la tapisserie de Bayeux au XIe siècle mais aussi pour le remplissage notamment pour la technique, dite, de peinture à l'aiguille, dès le XIIe siècle :

sens-point-fendu-01.JPG Photographie : Laetitia Martini.
Bourse à relique, XIIe siècle, Musée de Sens.

C'est également un des points spécifique à l' opus anglicanum :

opus-anglicanum-02.jpg Cape, à l'arbre de Jesse, Angleterre, 1310-1325, Victoria & Albret Museum.

J'ai utilisé le point fendu en remplissage pour les bandes de broderie de mon costume fin XIe.

Points de chaînette

Le point de chaînette est un point qui se travaille en formant une série de boucles successives afin de donner l'impression de chaînons.

A partir du XIIe siècle, au moins, on le retrouve dans des ouvrages de broderie blanche allemande (ou ton sur ton), comme le montre la broderie suivante :

whitework-annimals.jpg Broderie germanique du XIIe siècle.

Dans cet exemple, le point de chaînette (en très gros plan) est brodés en soie coloée : sens-point-chainette-01.JPG Photographie : Laetitia Martini.
Bourse brodée, XIIIe siècle, Musée de Sens.

J'ai repris cette technique et le motif précédent sur un étuis de flûte brodé.

S'il est fréquemment cité à propos de la Tapisserie de Bayeux, il faut savoir que ce point n'a vraisemblablement été utilisé sur celle-ci qu'à sa restauration[1].

Point de brique

Le point de brique est généralement présenté comme une variante du point de satin (ou point de passé plat) à fils comptés. Il s'exécute en réalisant de petits pavés de quelques points lancés parallèles. Pour simuler l'aspect brique le point doit être réalisé en disposant des points lancés en quinconces.

Un très bel exemple d'ouvrage réalisé au point de brique est le vêtement de Göss daté mi-XIIIe siècle. goss-brique-detail.jpg Détail de la chasuble des vêtement de Göss, Allemagne, mi-XIIIe siècle, Musée autrichien des arts appliqués, Vienne.

C'est un des point typique de l'opus teutonicum : style de broderie blanche germanique.

Les exemples les plus connus de broderie au point de brique sont ceux, plus tardifs qui présentent des motifs colorés géométriques, comme cette tenture fin XIVe siècle : x-default Tenture brodée, fin XIVe siècle, Allemagne, MET.

point-de-brique-02.jpg Broderie, Allemagne, XIVe siècle, Smithsonian Design Museum.

Points de couchure

Les points de couchure sont une famille de point de broderie. Le principe des différents points de couchure est de recouvrir une grande surface de tissu par de longs points lancés qui sont ensuite fixés par de petits points. Ils ont été très utilisés pour la broderie de tentures mais également pour la broderie de fils précieux (comme les fils métalliques).

couchure-or-endroit.jpg couchure-or-envers.jpg Sur ce fragment brodé, Angleterre, 1290-1310, conservé au V&A, bien que les fils d'or sont abîmés sur l'endroit, on voit qu'ils ne sortent pas sur l'envers. Le fil d'or est couché sur l'endroit et fixé par un fil de soie.

Point de Boulogne

Le point de boulogne se travaille avec 2 aiguillées. La première permet de lancer les fils, la seconde de les fixer. On peut fixer un seul point lancé à la fois ou plusieurs. L'utilisation de 2 aiguillées distinctes permet également d'obtenir des effets décoratifs, selon le diamètre et/ou la couleur des deux fils utilisés.

dalmatique-03.jpg Dalmatique, XVe-XVIe, musée de la société polymathique, Château Gaillard, Vannes.

Le point de boulogne pouvait être utilisé pour fixer des pièces de tissus en appliqué.

sens-applique-01.JPG Photographie : Laetitia Martini.
Musée de Sens, broderie (probablement XIVe siècle) : on remarque un point de boulogne prenant plusieurs fils qui suit le bord de la pièce appliquée.

Cette technique de broderie consiste à découper des motifs (brodés ou non) dans un tissus et de le coudre ensuite sur la pièce finale. Elle a plusieurs avantages :

  • Accélérer la mise en œuvre de la broderie en faisant exécuter par exemple, la broderie de médaillons simultanément par plusieurs personnes, et ensuite de les fixer sur l'ouvrage. La Dalmatique aux aigles faisant partie des insignes du St Empire Germanique, datée vers 1320 a ainsi de nombreux médaillons brodés appliqués.
  • L'appliqué permet également d'obtenir de grands motifs décoratifs avec moins de travail de broderie (lorsque le motif est simplement coupé dans un tissus contrastant). C'est le cas sur la bannière de Ferdinand III, de la première moitié du XIIIe siècle, conservée à la Cathédrale de Séville. Cette bannière a les armes de Castille et Leon appliquées :

banniere-ferdinand3-01.JPG Photo personnelle, Bénédicte Meffre.

  • On peut l'utiliser pour créer du relief dans les motifs de broderie en rembourrant légèrement le motif avant de l'appliquer. Cette technique, aussi appelée broderie emboutie est très fréquente dans les broderies d'or liturgiques plus tardives. On la retrouve pour la broderie des armes d’Édouard Plantagenêt (dit Le Prince Noir) vers 1376 sur son gipon funéraire ou sur certaines aumônières trapézoïdales du XIVe siècle, comme l'aumônière aux personnages grotesques datée XIVe, conservée au musée du moyen-âge de Cluny à Paris :

s_900-c40aaf.jpg

  • C'est également une technique utile en cas de remploi de tissus ou de broderies pré-existantes. Comme sur cette bourse à sceaux anglaise de la mi-XIIIe siècle, combinant les armes de Guillaume de Fortz à celle de son épouse Isabelle :

fortz.jpg

Le point de boulogne a été utilisé pour la broderie au fil d'or en couchant plusieurs fils en même temps. fond-or-texture-02.jpg Photographie personnelle : Bénédicte Meffre.
Broderie, XIVe siècle, Gérone. Sur le fond de la broderie, on voit qu'ici la couchure a été travaillée pour donner une texture en chevrons.

Il a été également utilisé pour réaliser des coutures décoratives en confection, pour renforcer et cacher des bords francs des encolures par exemple. J'ai proposé cette solution lors de la confection de mon costume d'artisan fin XIIe.

Couchure retirée ou couchure invisible

Ce point était utilisé essentiellement pour broder avec les fils métalliques (fils d'or en particulier) car il permet d'économiser les fils précieux tout en garantissant un résultat régulier impeccable et invisible sur l'endroit.

Le fil est couché sur l'endroit et maintenu par de petits points d'un fil de soie fin passé dans le même trou afin de tirer le fil d'or sur l'envers du tissus.

medaillon-01.jpg Médaillon brodé, Angleterre, 1230-1250, V&A Museum.

Sur ce médaillon, le schéma de couchure est réaliser pour donner un résultat semblable au point de brique. Mais selon les périodes et les styles décoratifs, le schéma peut changer et donner des motifs en chevrons, en losanges ou à flottés : fond-or-texture-01.jpg Bourse à reliques, Angleterre, 1320-1330, V&A.[|http://collections.vam.ac.uk/item/O15367/burse-unknown/|en]

Lancé couché ou point de Bayeux

C'est le point de remplissage utilisé sur la tapisserie de Bayeux.

Tapisserie_Bayeux_01.jpg

Il se réalise en trois temps :

  1. Remplir la surface à broder avec des points lancés nombreux et très serrés ;
  2. Recouvrir perpendiculairement la surface de points de couchure légèrement espacés (3mm dans le cas de la tapisserie de Bayeux), il faut noter qu'au delà de 5mm les points de broderies sont très fragiles. Cette série de points est à l'origine des lignes qui ressortent sur les remplissages de la tapisserie.
  3. Fixer la deuxième série de points lancés par des petits points simples (picots) espacés régulièrement et disposés en quinconce.

Le point de Bayeux est le point de broderie que j'ai choisi d'utiliser pour broder un motif animalier (courant sur les bordure de la tapisserie de Bayeux) sur une aumônière fin XIe.

Couchure Boukhara ou point de figure

Ce point de couchure s'exécute avec la même aiguillée pour les points couchés et les points de maintient. Le point est couché et fixé au fur et à mesure.

girona-detail-01.jpg Ce point est utilisé dans la tapisserie (qui, comme la tapisserie de Bayeux est une broderie) de la Création de Gérone, datée de la fin du XIe siècle.

C'est également un des points utilisé en peinture à l'aiguille, d'où son nom de point de figure.

Agréments

La richesse des ouvrages brodés pouvaient également s'exprimer au travers d'agréments ajoutés à la broderie :

  • Perles de verres ;
  • Pierres précieuses et semi-précieuses ;
  • Paillettes d'or et d'argent ;
  • Émaux.

Les plus beaux exemples de ce type d'embellissement sont sans doutes sortis des ateliers de Palerme au XIIe siècle.

manche-palerme.jpg La Manche de la dalmatique de Roger II de Sicile présente à la fois, paillettes d'or, perles et émaux.

J'ai proposé une reconstitution de bourse ainsi décorée d'or et de perles dans le cadre de la reconstitution d'un costume de noble mi-XIIIe.

Conclusions et perspectives de reconstitutions

Au travers de cet article, j'ai tenté de proposer une introduction sous forme de liste des points les plus fréquemment rencontrés au cours de la seconde moitié du moyen-âge.

J'ai tenté de proposer des sources variées et surtout de mettre en lumière certains détails spécifiques. Certains points, certaines techniques, mériteraient d'être approfondies mais il me semblait impossible de le faire dans cet article. Il n'est pas impossible qu'à l'avenir, je propose des articles traitant justement de ces sujets à la faveur des réalisations de notre atelier de brodeurs. En attendant, j'espère avoir été suffisamment claire sur les sources citées, les liens et les indications bibliographiques pour vous permettre d'approfondir les points que vous souhaitez.

Comme je le rappelais dans l'introduction, connaître les points de broderie utilisés est une pré-requis nécessaire mais non suffisant pour pouvoir se lancer dans l'évocation de broderie historique (quelle que soit la période). En effet, bien que les sources et leur provenance ait été précisée autant que possible, il y manque des informations importantes pour replacer ces techniques dans leur contexte précis : lieu, style et usages.

Pour une application en reconstitution raisonnée, il est indispensable de compléter cet article par l'étude détaillée des styles de broderies (tels l'opus anglicanum, l'opus teutonicum que j'ai évoqué à plusieurs reprises dans cet article) de sorte à être capable de déterminer pour un ouvrage, à la fois les différents points à associer, les matériaux à utiliser ainsi que les motifs caractéristiques, selon, l'époque, le lieux ainsi que les contextes de création et d'utilisation.

Ces aspect de la broderie seront évoqués ultérieurement dans de nouveaux articles.

Bibliographie

Browne C., Davies G., Michael M. A. ; English Medieval Embroidery: Opus Anglicanum ; Victoria & Albert Museum ; Yale University Press ; 2016.

Castiñeras M. ; Le tapis de la création ; Catedral de Girona ; 2011.

Staniland, K ; Les Artisans du moyen-âge - Les Brodeurs ; Lombard

Thomas M., Eaton J. ; L'encyclopédie de la broderie ; Fleurus ; 1999.

Note

[1] La Tapisserie de Bayeux, Ed. du Zodiaque.

samedi 14 janvier 2017

Saya encordada - tunique espagnole XIIIe siècle

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saya-03.JPGDans le cadre d'une proposition de reconstitution d'un costume noble espagnol de la seconde moitié du XIIIe siècle, je vais vous présenter d'abord quelques pièces individuellement. Je réaliserai un article global sur l'ensemble du costume et des choix qui ont été faits ensuite.

La première pièce, très typique et spécifique à l'Espagne de cette période est la saya encordada ou tunique lacée. La saya est un vêtement intermédiaire (cotte, portée sur la chemise et sous le surcot ou le manteau) porté aussi bien par les hommes que par les femmes durant le XIIIe siècle.

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vendredi 6 janvier 2017

Bonne année 2017

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dimanche 1 janvier 2017

Le festin du troubadour - Lecture

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Le Festin du troubadour, Nourriture, société et littérature en Occitanie (110-1500) Wendy Pfeffer, La Louve éditions, 2016.

Ce livre nous propose de nous plonger dans l'alimentation médiévale du sud de la France (actuelle) au travers de la tradition littéraire mais surtout en croisant toutes les sources disponibles. On y croise tous les aspects de l'alimentation : les aliments bien sur, mais aussi la cuisine, les outils, les rituels sociaux et enfin la dimension poétique et symbolique de la nourriture.

Devant le constat que la spécificité de l'alimentation en occitanie n'a pas été étudiée, l'autrice définit elle-même son livre comme une introduction au sujet. Et en effet, à la lecture, beaucoup de parties ressemblent à un état de l'art critique.

En ce qui concerne le concept d’Occitanie au moyen-âge, le sujet est traité en début d'ouvrage : les sources sont concentrées sur les régions où l'on parle les langues d'oc à cette époque. Le sujet survole donc une grande région de la Savoie à la Gascogne, de Bordeaux à Nice, en passant par Montluçon et l'Auvergne. Si cette région peut paraître un peu artificielle (entre l'Aquitaine de Guillaume IX ou la papauté en Avignon), certains chapitres sont découpés par aires géographiques plus cohérentes et les localisations sont toujours précisées. On ne prétend pas faire de l’Occitanie une unité cohérente.

Enfin, l'autrice évoque avec humour le fait de travailler sur la gastronomie française lorsque l'on est américaine.

Tout ceci, donc, pour montrer à quel point ce vaste sujet est traité avec précautions.

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jeudi 1 décembre 2016

English Medieval Embroidery - Opus Anglicanum - lecture

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Revue de lecture du catalogue de l'exposition Opus Anglicanum: Masterpieces of English Medieval Embroidery du Victoria & Albert Museum.

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mardi 24 mai 2016

Coiffes féminines au XIIe siècle : les formes.

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Je vous propose un petit tour d'horizon sur les coiffes au XIIe siècle. Dans ce premier article, nous allons étudier les représentation de coiffes pour en dégager les formes générales ainsi que les fréquences de représentation.

La coiffure ainsi que la coiffe font partie intégrante d'un costume aussi bien masculin que féminin. En effet, la mode ainsi que les usages sociaux concernent aussi bien la manière de coiffer ses cheveux que les accessoires que l'on peut y ajouter. La coiffe peut être une protection, une contrainte sociale et/ou religieuse, un accessoire de mode.

J'ai étudié un corpus de 2500 représentations (enluminures, statuaires, émaux) pour relever les différents type de coiffes sur les personnages féminins.

J'ai commencé par réaliser une typologie simple pour les différentes coiffes observées. Je n'ai pas essayé de différentier à tous prix les modèles de coiffe sur le moindre petit détail mais plutôt de créer de grandes familles dans le but de proposer des tutoriels sur la manière de les réaliser.

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samedi 2 avril 2016

Broderie d'une pièce d'estomac 1880

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Pour leur spectacle Les théosophes colporteurs (Le C.R.O.U.T.O.N) j'ai réalisé pour Eutrapelia une seconde pièce d'estomac brodée pour le costume féminin 1880.

Voici le costume que j'avais réalisé pour ce spectacle : SIB_8533-1C-ret.jpg (D.R. Eutrapelia Spectacles Historiques)

Vous pouvez aller voir le teaser de leur spectacle sur youtube

Je vous propose de vous montrer les étapes de création de la broderie. De la naissance du projet à sa réalisation.

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jeudi 3 mars 2016

Un costume de bourgeois 1630 - 1640

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Ce costume est une proposition de reconstitution de l'habit bourgeois à la fin du règne de Louis XIII. Le costume dans son ensemble est le fruit d'un croisement entre une série de gravures (les gravures d'Abraham Bosse[1] qui a réalisé une série sur la mode) et de vêtements d'époque (pour le relevé des patrons et les techniques de construction).

La tenue est composée d'une chemise en toile de lin blanc, un pourpoint et des haut-de-chausses en drap de laine gris, un manteau en serge de laine noire, des bas en maille de soie, un collet, des manchettes et des canons en toile de lin blanc, des bottes et un chapeau.

00-portrait-04.jpg

Le costume est peu (voire pas) décoré. En effet, la fin du règne de Louis XIII est marquée par un certain nombre d'édits visant à limiter les excès de la mode. Ainsi, broderies, passementeries et dentelles furent interdits à plusieurs reprises. Il est vraisemblable, étant donné que ces ordonnances étaient répétées régulièrement (1620, 1629, 1633) qu'elles n'étaient guère respectées. Certaines gravures nous montrent ainsi des courtisans arborant des dentelles et des passementeries dans ces mêmes périodes. L'ordonnance du 18 novembre 1633, qui défendait aux sujets de porter sur leur chemise, colets, manchettes, coiffe et sur autre linge aucune découpure et broderie de fil d'or et d'argent, passements, dentelles, points coupés, manufacturés, tant de dedans que dehors le royaume nous a inspiré dans l'élaboration de ce costume.

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lundi 4 janvier 2016

De la suspension des chausses masculines (XIIe-XVIIe)

st-germain.jpg

(...) lors commencza le monde de attacher les chausses au pourpoint. Et non le pourpoint aux chausses, car c’est chose contre nature (...).

Gargantua ; François Rabelais ; 1535.

Les chausses sont le vêtement qui couvre les jambes. D'abord séparées, en suivant l'évolution de la mode, elles seront de plus en plus hautes et couvrantes et elles finiront par être jointes et couvrir l'entre-jambe pour se transformer finalement en culotte au XVIIe siècle. Elles tiennent par suspension en les attachant grâce à des aiguillettes à un autre vêtement.

Je vous propose une petite rétrospective sur l'évolution des systèmes de suspension.

Dans le but de simplifier cet article, je ne vais m'attarder que sur la description des différents systèmes d'attaches des chausses. Il faut garder en mémoire que toute la population n'a pas abandonné d'un coup un système au profit d'un autre. Lorsque l'on parle de l'adoption du doublet au XIVe siècle et de l'impact qu'il aura sur la fixation des chausses, sa diffusion dans l'ensemble de la société prendra près d'un siècle ... plusieurs modes peuvent cohabiter sur une même période il en va de même pour la suspension des chausses.

Ainsi, je n'ai pas tenté de réaliser une chronologie précise de l'apparition ni de l'abandon de chaque système mais de les décrire pour donner les clés d'interprétation, de sorte que, devant une représentation, vous soyez capable de déterminer facilement par quel(s) moyen(s) les chausses peuvent être tenues.

Enfin, bien que la manière d'attacher les chausses ne puisse pas être considérée indépendamment de leur forme, nous n'allons pas approfondir l'évolution de celle-ci.

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samedi 12 décembre 2015

Boutons brodés sur âme en bois

boutons-02.JPG

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Pour le costume de bourgeois 1630, j'ai réalisé une grande série de boutons brodés qui ornent le pourpoint.

Il existe de nombreux type de boutons ''textile'' pour cette période. De la simple boule de tissu aux boutons richement brodés d'or, le bouton va faire partie des éléments qui caractérisent socialement un vêtement.

buttons-v-a.jpg Sur ce détail d'un doublet 1630, on voit sur les boutons abîmés que les boutons sont en bois rebrodés. Le motif de ces boutons, en chevrons, est cependant plus complexe que celui que je présente ici.
Doublet et chausses, 1625-1630, Victoria and Albert Museum.

Les boutons que j'ai réalisé pour ce costume sont simple d'un point de vue décoratif mais également d'un point de vue technique. Voyons les explications pas à pas ...

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