Broderies germaniques à points comptés : les broderies polychromes à grille

Nous nous étions arrêtés dans l’article précédent, sur cette bordure de la couverture d'un coussin d'autel du XVe siècle.

Contrairement au reste de la pièce, sur les zones abîmées de la bordure, il n'y a aucun trait d'encre sur le tissu, le motif n'est pas tracé et se répète à l'identique, au point près, sur toute la bordure. Il s'agit d'une broderie à grille.

Définition des broderies à grilles

Une broderie à grille est une broderie réalisée à partir d'un modèle qu'on reporte point par point. Ce modèle est présenté sous forme de grille où chaque nœud (ou carré comme sur l'exemple ci-dessous) correspond à un point de broderie.

Eyn new kunstlichboich, Cologne, 1529.

Cette technique présente l'avantage de pouvoir réaliser un motif précis et répétable à l'infini. C'est particulièrement indiqué pour les frises ou les motifs répétés en carreaux comme certains motifs héraldiques.

Aumônière à décor héraldique, Zone germanique, vers 1300. Tongres, Basilique Notre-Dame.

Dans ce cas, et contrairement aux exemples que nous avons vus dans les articles précédents[1], le motif n'a donc pas besoin d'être tracé sur le tissu.

Points utilisés

Une majorité de ces pièces sont réalisées avec un point droit de tapisserie. Est-ce enfin, le fameux point de brique dont on parle depuis le début ? Quand on y regarde de plus près, c'est, encore une fois, plus varié.

J'ai sélectionné un corpus de 44 broderies médiévales qui semblent avoir été réalisées d'après une gille. Pour les sélectionner je relève les motifs qui sont répétés au point près, les motifs stylisés et simplifiés pour correspondre à une grille ou le fait que les points ne sont jamais interrompus ou déformés pour rentrer dans un dessin tracé.

Vous pouvez retrouver en partie les broderies sélectionnées sur ce tableau pinterest. Sur ces 44 pièces j'ai séparer les points en 2[2] (certaines pièces présentent plusieurs techniques, d'où un total supérieur à 44) :

  • 15 sont brodées au point de croix (et ses variations comme le point de croix natté).
  • 31 sont brodées au point lancé droit et ses variations dont 13 au point de brique à proprement parler.

Je vous propose de détailler 3 de ces points : le point de croix natté, le point de satin et le point de brique[3]

Point de croix natté

On l'a vu avec l'exemple du coussin brodé qui a fait le lien avec l'article précédent, le point de croix natté est un point qu'on retrouve assez fréquemment dans les broderies à point comptés et les broderies à grille ne font pas exception. En effet, comme pour la broderie au point de croix moderne, le point de croix et ses variations se prête bien à ce genre de technique, comme ici sur le motif de sirène répété de cette bourse à relique :

Bourse à relique, Liège, 14e siècle.

Un autre exemple, avec cette aumônière où l'on peut remarquer que chaque motif est traité indépendamment et le sens de broderie des points peut être horizontal ou vertical selon le besoin. Aumônière à motifs héraldiques. France ou pays Germaniques, XIVe siècle, Paris, Musée des arts décoratifs.

Point de tapisserie droit - point lancé

Il s'agit d'un point compté droit : on suit parfaitement la trame du tissu et les points sont disposés parallèlement les uns aux autres. En faisant varier la longueur et le décalage entre chaque point, on obtient des motifs et des textures différentes.

Par exemple, le point de Hongrie est un ensemble de points droits qui forment des losanges :

Une grande partie des points de tapisserie droit sont donc des variations du point droit lancé, je vous propose de nous intéresser aux 2 plus fréquents dans les broderies à grille de la période :

Point de satin

Dans la tapisserie à l'aiguille, on nomme parfois point de satin une technique où la longueur des points s'adapte au motif. En effet le point de satin est un point qui couvre le motif de part en part comme dans l'exemple ci-dessous. Bourse, 15e siècle, V&A.

Sur cette broderie du 15e siècle, le motif est répété régulièrement mais les points ne font pas tous la même longueur : sur les branches colorées par exemple, la longueur des points s'adapte à la longueur de la zone à recouvrir : Bourse 15e siècle, détail.

Point de brique

Le point de brique est une variante du point droit lancé dans lequel les points sont brodés en quinconce de sorte à former un motif de briques. Tous les points font la même longueur et chaque point est décalé de la moitié de sa longueur exactement par rapport à ses voisins :

Dans le cas de broderies à grilles, le motif doit correspondre exactement à ce schéma et doit donc être conçu en conséquence.

Sur ce fragment d'aumônière du 14e siècle, les lions ont été dessinés de sorte à ce que leur forme corresponde à un nombre exact de points de longueur égale et à ce que leur décalage soit soit précisément de la moitié de leur longueur.

Fragment d'aumônière brodé au point de brique, pays germaniques, 14e siècles, musée de Cluny.

Sur ce fragment de broderie, on peut également observer les conséquences du travail au point de croix sur un motif :

Fragment de broderie, 14e siècle, pays germaniques, V&A.

On observe bien le décalage en quinconce sur la tête des personnages puis qu’avec cette technique, il est impossible de broder une ligne droite horizontale nette :

Création et transmission des motifs.

Ce type de broderie n'étant pas dessiné sur le tissu que se soit directement par un peintre ou reportés au moyen d'un poncif[4], on peut se demander comment ils étaient transmis et comment ils se diffusaient.

Malheureusement on sait peu de choses des modèles à grille au moyen-âge. Il y a plusieurs manière d'en garder une trace : le dessin sous forme de grille (comme en dessous) ou l'échantillon brodé.

Furm oder Modelbuchlein, 1523.

A la renaissance des ouvrages de recueils de modèles se répandent à la faveur du développement des imprimeurs et d'une clientèle qui se diversifie : à la fois professionnelle et amatrice (dans le cadre de travaux d'aiguilles domestiques)[5]. Mais l'ouvrage le plus ancien connu à ce jour est le Furm oder Modelbuchlein de Schonsperger daté de 1523[6].

Avant cette date, il existait des planches de modèles pour la peinture et pour la broderie. Pourtant on ne sait rien de grilles spécifiques à ce type de broderies (et autres travaux d'aiguilles). Comme un brodeur ou une brodeuse aguerri·e peut extrapoler une grille d'après un motif dessiné au trait, il est possible que ce type de planche n'ait jamais existé.

En ce qui concerne les échantillons, en tant qu'objet textile de faible valeur, leur conservation n'est pas assurée. En effet une bande d'échantillon peut être un exemple très basique de points ou de motifs dans ce style :

Échantillon de différents points de tapisseries à l'aiguille relevés sur des broderies médiévales.

Échantillon : relevé de la bordure du coussin brodé du 15e siècle.

Cependant, certains carnets de modèles de la fin du moyen-âge sont utilisés comme échantillon et portfolio, pour montrer son savoir faire[7] et non pour transmettre les motifs. Est-ce qu'on peut imaginer que certaines pièces brodées qui ont été conservées sous forme de fragment dans des trésors d'églises, aient pu être des échantillons ?

Fragment d'un sac à reliques, Allemagne, 13e siècle.

A suivre : je proposerai dans un prochain article de revenir brièvement sur les différents styles de broderie abordés et de conclure la série sur la tapisserie à l'aiguille ou la broderie à points comptés au moyen-âge.

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Notes

[1] Voir Broderies à points comptés : Opus Teutonicum et Les broderies polychromes figuratives à points comptés

[2] En tapisserie à l'aiguille, il est fréquent de séparer les techniques en points croisés d'une part et points droits d'autre part. De nombreux points sont en fait des variations autour d'une même base.

[3] Les noms et explications des points sont intimement liés au style de broderie auquel on le rattache et la tapisserie à l'aiguille médiévale n'est pas exactement formalisée de ce point de vue là. Dans les musées ou les catalogues d'exposition, les points sont désignés de manière plus ou moins précises souvent par des termes générique comme point de tapisserie quel que soit le point exact utilisé. Dans les manuels de broderie modernes, les appellations peuvent varier selon le contexte ou le style (broderie libre, tapisserie à l'aiguille, blackwork, crewelwork, ou peinture à l'aiguille), le plus souvent les divergences se font sur les variations d'un même point, en particulier sur des styles très précis comme celui qui nous occupe ici. J'ai essayé dans cet article, de proposer des appellations simples et assez génériques pour retrouver facilement des références tout en décrivant précisément de quoi je parle pour écarter toute ambiguïté. Ce travail d'équilibriste n'a pas été sans mal et m'a fait longtemps reculer la publication de cet article.

[4] Voir à ce propos mes 2 articles qui évoquent la question des techniques de dessin et de reproduction des modèles dessinés : Comment dessiner pour un brodeur et Pour en finir avec le syndrome de Pénélope où la question est abordée.

[5] Les premiers ouvrages imprimés sont systématiquement dédicacés et explicitement adressé aux professionels et aux femmes pratiquant les travaux d'aiguille en amatrice. C'est essentiellement lié à l’essor de cette pratique amatrice qui se développe au 16e siècle.

[6] On peut trouver une liste de ces recueil de modèles sur le site modelbuch.com

[7] Les modèles gothiques : un état des questions. Laurence Terrier Aliferis dans LEs modèles dans l'art du moyen-âge (12e-15e siècles) Brepols, 2018.

Les broderies polychromes figuratives à points comptés

Deuxième partie de mon tour d'horizon des broderies médiévales germaniques à points comptés. Vous pouvez, si ce n'est déjà fait, lire la première partie, consacrée à l'opus teutonicum.

Je vous propose aujourd'hui de nous intéresser aux broderies germaniques à points comptés où la couleur a une place prépondérante.

Tenture brodée, fin XIVe siècle, MET.

Dans les ouvrages sur l'histoire de la broderie, il y a souvent peu de distinction faite entre ces deux ensembles. Si on revient à la définition de Kay Staniland, on pourrait déduire que les broderies polychromes ne sont qu'une évolution de la broderie blanche à laquelle on aurait ajouté de la couleur petit à petit. Nous avons pourtant vu que l'opus teutonicum ne saurait être réduit à la définition de broderie blanche et que la couleur semble avoir toujours fait partie de ce type d'ouvrage.

Les broderies polychromes ne sont-elles qu'une évolution logique de la broderie à dominante blanche ou ont-elles coexisté ?

Il existe un large corpus de broderies polychromes, contemporain de l'opus teutonicum qui ne répond pas à sa définition. Le problème reste leur hétérogénéité. Si l'observation de broderies et les travaux de plusieurs historiens nous ont permis de proposer une définition de l'opus teutonicum, comment définir les autres broderies à points comptés ? En négatif ?

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Pour en finir avec le syndrome de Pénélope

Réception des broderies médiévales au moyen-âge et aujourd'hui

Cet article m'a été inspiré par quelqu'un qui, à propos de la broderie de Bayeux, a fait la remarque suivante : « (…) elle a été brodée par une personne qui n’a guère vu le champ de bataille... ».

Il est vrai que la légende veut qu'elle ait été brodée par la reine Mathilde et ses dames de compagnie. Les historiens sont aujourd'hui d'accord sur le fait que cette idée relève du mythe. La tapisserie a probablement été brodée dans un monastère mais on n'en sait pas plus sur sa provenance. Cependant, l'étude de la manière de travailler des brodeuses et des brodeurs au moyen-âge peut probablement nous éclairer sur la réception que l'on peut avoir de l’œuvre.

Mais il y a un un autre point qui devrait nous amener à nous interroger sur la fiabilité des représentations qu'on retrouve sur cette broderie : son commanditaire, Odon, évêque de Bayeux et demi-frère de Guillaume le Conquérant. En mettant en lumière ce fait, on change totalement la réception que l'on peut avoir de l’œuvre et s'interroger sur son caractère politique.

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Les points de couchure au moyen-âge

Les points de couchures sont une famille de points de broderie, très utilisés dès le moyen-âge. Il en existe plusieurs types qui ne se travaillent pas tous exactement de la même façon et s'intègrent à différentes techniques et différents styles de broderie de l'époque.

Dans cet article, je vous propose de découvrir ces différents points à travers des exemples de broderies médiévales.

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Broderies à point comptés : l'Opus Teutonicum

vue-d-ensemble.png, fév. 2020

English readers : you can find a translation of this article on Le temps de broder.

Les broderies médiévales à points comptés de l'aire germanique constituent un ensemble de broderies très variées. Du 12e au 15e siècle, ces broderies ont en commun l'utilisation de points comptés, c'est à dire que chaque point est réalisé de manière précise en comptant les fils du support de la broderie (tissu).

En dehors de cette caractéristique technique, le corpus est fort hétérogène. Pourtant bien souvent, les ouvrages relevant de cette période et de cette zone géographique sont désignés par une appellation générique, comme « german brick stitch » (point de brique allemand) ou « opus teutonicum ». Ces deux appellations posent problème. En effet, l'appellation point de brique ne reflète pas la diversité technique. Quant à l'opus teutonicum , il a une définition historique bien précise qui s’accommode assez mal de cette généralisation.

Je vous propose un petit tour d'horizon de ces différentes broderies pour décrire leurs caractéristiques techniques et graphiques et tenter de les désigner de manière satisfaisante.

  • Est-ce que ce corpus peut être considéré comme un grand ensemble cohérent ?
  • Est-ce que les différences techniques et graphiques nous permettent de discriminer des sous ensembles stylistiques et de les relier aux définitions existantes ?

Ce travail va également me permettre d'introduire la notion de style de broderie.

En effet, dans le cadre de la reconstitution de broderie médiévale, il est important de comprendre ces notions de style de broderie afin d'obtenir un résultat le plus crédible possible qui respecte à la fois les contraintes techniques et graphiques. Grâce à une meilleure description et des définitions claires, j'espère permettre à chacun de mieux comprendre les ouvrages de ce type, de les relier entre eux et de faire des choix éclairés en terme de reconstitution.

vue-d-ensemble.png, fév. 2020 Vue d'ensemble des broderies germaniques à points comptés sélectionnées sur mon tableau pinterest.

Étant donné l'ampleur du sujet, je vous propose de découvrir ces pièces en plusieurs articles afin d'éviter un article trop long :

  • L'opus teutonicum : exemples et définition.
  • Les broderies polychromes : corpus homogène ?
  • Techniques utilisées

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Jour de la quenouille

Aujourd'hui, 7 janvier, c'est le jour de la quenouille.

Gros plan sur ma quenouille pendant que je file au château du Turenne (Corrèze) avec l'association Historia Aquitanorum.

Traditionnellement, c'est le jour où les travaux domestiques reprennent, 12 jours après noël.

L'occasion de se pencher sur cet outil simple mais hautement symbolique.

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Le filage des femmes au moyen-âge

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Depuis quelques jours, est partagé sur les réseaux sociaux, un article (daté de l'an dernier) de France Culture visant à déboulonner quelques clichés sur le moyen-âge. Combattre les idées reçues, encore nombreuses, sur cette période, c'est bien. Le faire sans perpétuer d'autres clichés, c'est encore mieux.

Et là, une petite phrase m'a interpelée. Au détour du paragraphe consacré à la condition féminine , voici ce que je lis :

On est encore loin d'une égalité de droits pour l'homme et la femme, mais on aurait tort d'imaginer les femmes en train de filer la laine en attendant que leur époux revienne de sa journée de travail.

Des femmes, désœuvrées, qui filent pour passer le temps, en attendant le retour de leur époux, c'est un cliché. Mais les femmes qui filent la laine à domicile c'est une réalité essentielle de l'époque médiévale.

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Le tambour à broder

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(English readers : you can find a translation of this article on Le temps de broder.)

Après les métiers à broder qui semblent être la première forme d'outil pour tendre l'étoffe en broderie, je vous propose de nous intéresser au tambour ou cercle à broder.

Le tambour à broder est un métier circulaire en bois, généralement composé de 2 cercles qui s'emboîtent pour fixer l'étoffe. Le tambour a donc la même fonction que le métier à broder : tendre le tissu. Il diffère par sa forme et la manière dont on va tendre le tissu dessus.

Je vous propose de remonter à son apparition et son usage en occident. Une fois encore, nous utiliserons les ouvrages encyclopédiques mais également les tableaux et pièces d'époque pour cette étude. Enfin nous verrons comment en étudiant les broderies d'époques et l'évolution des styles de broderies, on peut suivre la trace de l'usage du tambour à broder au fil du temps.

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Pelote - surcot espagnol de la fin du XIIIe siècle

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Seconde pièce du costume de noble espagnol de la fin du XIIIe siècle que je vous présente : la pelote ou surcot.

Portée par dessus la tunique, le surcot espagnol a lui aussi une forme très typique. C'est un surcot sans manches dont l'ouverture sur les côtés est très échancrée. Il laisse largement voir la tunique portée en dessous. Cette forme de surcot, longueur mise à part, semble également portée aussi bien par les hommes que par les femmes.

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Point de bayeux

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Le point de Bayeux, ou point d'orient, ou point raché est une couchure dont l'exemple historique le plus célèbre est probablement la tapisserie de Bayeux, datée de la fin du XIe siècle.

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Mais si cet exemple est le plus connu, il a été utilisé pendant longtemps, en particulier pour la broderie de pièces liturgiques. Loin d'avoir été cantonné à la tapisserie au point d'aiguille (c'est à dire à la broderie de laine) il a également été utilisé pour remplir au fil de soie de grandes surfaces. Car c'est là son principal point fort en plus d'être une technique économe en fils. Saint-Aubin le décrit comme un point permettant de réaliser de la peinture à l'aiguille de manière rapide pour les ouvrages destinés à être regardés de loin.

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Métiers à broder

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(English readers : you can find a translation of this article on Le temps de broder.)

Les métiers à broder servent à tendre le tissu sur lequel on va appliquer une broderie. Si certains points de broderie peuvent s'effectuer sans tendre l'ouvrage, il en est pour lesquels c'est indispensable. Dans le cadre de broderie historique et de la reconstitution d'un atelier de brodeurs la question du métier s'est posée. Existaient-ils ? Quelle était leur forme ? Comment étaient-ils faits ?

J'ai donc exploré les sources, jusqu'au 18e siècle pour faire un tour d'horizon des types de métiers utilisés selon les périodes. J'ai arrêté mes recherches (même si je note les représentions plus récente pour archive) au 18e siècle car il semble correspondre à l'arrivée du tambour à broder rond. Je me suis contentée de dater son apparition et non d'étudier son évolution au cours du temps. Je consacrerai un article séparé sur l'apparition du tambour rond.

Les différentes sources que j'ai utilisées sont les représentations, bien sûr. Elles nous permettent d'attester de l'existence de l'outil à une date donnée. Mais celles-ci ne sont pas toujours suffisantes. Parce qu'on ne retrouve pas de représentation exhaustive de tous les outils ayant été utilisés pour les périodes anciennes mais également parce que le détail ne nous permet pas toujours d'identifier avec certitude la représentation, ni même les caractéristiques techniques de l'objet.

Nous étudierons également certains traités qui nous permettent d'avoir des précisions sur les us et coutumes de l'époque. Que se soit un traité de broderie ou un traité de peinture, ils vont venir en complément nous donner des informations supplémentaires.

Enfin, pour les périodes où l'on a aucune représentation ni texte évoquant les conditions matérielles, l'étude des broderies en elle-mêmes nous offre également quelques indices précieux sur leurs conditions de réalisation.

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Une tenue de femme noble 1630

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Ce costume est une proposition de reconstitution d'une tenue de femme noble dans les années 1630. Cette tenue est inspirée dans sa forme et sa construction par le corsage 1630 conservé au V&A et plusieurs tableaux et gravures d'époque pour l'ensemble.

Ce costume est composé d'une chemise en lin blanc, d'un cul, d'une jupe de dessous en lin doublée de lin, d'un corsage en soie fortement baleiné, d'une jupe assortie en soie doublée de soie, d'un col en lin orné de dentelle.

Des éléments de décoration en soie, dentelle et perles rehaussent cette tenue.

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Le point de croix natté

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Dans les points utilisés au Moyen-âge, si les couchures sont peut être les points les moins connus aujourd'hui, un point qui est peu connu voire mal interprété est le point de croix natté (ou long-arm cross stitch en anglais). Parfois confondu avec un point de chausson ou un point de croix serré.

Broderie à points comptés, le point de croix natté est un point de croix asymétrique. Il a été utilisé au moins dès le XIIIe siècle pour réaliser des bordures ou des frises géométriques ou bien seul pour son aspect décoratif, donnant un résultat à mi-chemin entre la tapisserie et le tricot.

Cette bourse à relique datée du XIVe siècle est également brodée au point de croix natté, le résultat en côtes parallèles fait penser à du tricot. b223582.jpg
Bourse à relique XIVe siècle, Musée d'art religieux et d'art Mosan.

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Nouvelle catégorie

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Un court message pour dire que j'ai ré-agencé les catégories du blog, pour en ajouter une spécifiquement dédiée à la broderie. Les tutoriels et explications sur des techniques historiques autre que la broderie resteront dans la catégorie techniques. Et la catégorie accessoire sera consacrée aux  […]

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Proposition de reconstitution d'un costume d'aviatrice du début du XXe siècle

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Suite et fin de la série d'articles sur le costume de pionnière de l'aviation pour la pour la compagnie Eutrapelia.

Dans les articles précédents nous avons vu les recherches effectuées dans le cadre de cette réalisation, nous allons donc, enfin voir la culotte réalisée pour le spectacle. Pour rappel les articles précédents :

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Tenue d'aviatrice : les nouvaux horizons de la féminité - Partie 3

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Troisième et dernière partie théorique sur les recherches effectuées pour la réalisation d'une tenue d'aviatrice vers 1910 pour la compagnie Eutrapelia. Après avoir étudié ensemble :

Nous allons porter notre attention plus particulièrement sur Harriet Quimby. En effet, lorsque l'on recherche des images de ces pionnières, elle retient rapidement l'attention.

D'abord au regard du nombre de documents, en particulier de photos d'elle, que se soit en civil ou en tenue de pilote.

Mais également, parce que sa médiatisation ainsi que son image révèle une véritable stratégie de gestion de sa célébrité.

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Tenue d'aviatrice : les nouvaux horizons de la féminité - Partie 2

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Après avoir fait un rapide tour d'horizon des tenues féminines liées aux activités physiques et sportives qui ont existé en ce début de XXe siècle, nous allons nous intéresser à l'aviation proprement dite.

L'aviation est une activité qui porte en elle les idées de danger, de vitesse, qui ne sont pas, à l'époque, du tout associé aux activités féminines.

Les principaux problèmes que l'activité pose en terme de tenue sont le froid, le vent, mais aussi la saleté, comme les projection d'huile ou la poussière. Les tenues d'aviations doivent donc à la fois permettre une certaine liberté de mouvements mais aussi avoir de bonnes capacités de protection.

Nous allons brièvement voir comment les hommes ont adapté leur tenue à ces problèmes. Nous détaillerons ensuite les tenues des aviatrices d'après leurs photographies.

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Tenue d'aviatrice : les nouvaux horizons de la féminité - Partie 1

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Proposition de reconstitution d'une tenue d'aviatrice vers 1910.

Une nouvelle fois, la compagnie Eutrapelia m'a fait l'honneur de me confier la réalisation de certaines pièces de costume pour leur nouveau spectacle : Antoinette.

La pièce de cet ensemble qui a demandé le plus de recherches a été la culotte d'aviatrice. Je vous propose de détailler ici ces recherches.

La tenue d'une pionnière de l'aviation est particulière dans le sens où, par définition, elle s'inscrit dans un contexte où rien n'est encore standardisé ni uniformisé. Et c'est précisément là que résident à la fois la difficulté et l'intérêt de ce type de recherche.

Pour réaliser ce costume, nous nous sommes basées sur les photographies des tenues des premières aviatrices jusqu'au début de la première guerre mondiale. Cette dernière représentant potentiellement une fracture dans la mode et les mentalités. Les textes et coupures de journaux nous ont également fourni des indications précieuses pour compléter notre approche.

J'ai également été amenée à élargir les recherches sur d'autres types de vêtements féminins liés à des activités marginales (sport, travail), dans le but d'étudier les aménagements spécifiques qui ont souvent été créés et inventés par les femmes elles-mêmes.

J'ai scindé ces recherches en plusieurs parties :

Nous nous intéresserons en premier lieu à ces vêtements spécifiques ou marginaux de la fin du 19e siècle et du début du 20e siècle. Nous verrons comment les femmes ont adapté leurs tenues pour les nouvelles activités qui se développaient et comment elles ont composé avec une société peu ouverte à ces évolutions.

Nous étudierons ensuite les tenues spécifiques à l'aviation. En évoquant brièvement la manière dont les aviateurs se sont adapté aux contraintes que l'activité imposait et ensuite en étudiant le corpus de photographies d'aviatrices en tenue.

Nous insisterons dans un article sur l'impact et la place des pionnières de l'aviation dans les mouvement de libération du corps des femmes, en étudiant le cas d'Harriet Quimby.

Enfin, un dernier article sera consacré à la réalisation elle-même et aux choix que nous avons été amenées à faire.

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Les troubadours - Michel Zink

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Les troubadours, une histoire poétique, Michel Zink, 2013, collection « Pour l’histoire » aux éditions Perrin. Ce livre se veut une histoire poétique des troubadours. Il tente de rendre à leur poésie sa fraîcheur en la suivant dans ses méandres, en disant au fil des chansons et à propos de chacune  […]

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L'usage de décors brodés dans l'habillement - introduction.

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Nous avons vu quelques points de broderie de l'époque|, des techniques appliquées à la broderie, les costumes des artisans et les outils.

La question de l'existence de la broderie n'est évidemment pas sujette à caution, il faut néanmoins s'intéresser aux usages de ces broderies : Par qui ? Pour quoi ? sont-elles utilisées. Est-ce que tous les décors brodés sont utilisés de la même manière ?

Ce premier article est une introduction aux différents usages des décors brodés au Moyen-âge dans l'habillement. J'ai écarté le mobilier (civil et liturgique) car la longueur de l'article me semblait déjà suffisante. En outre, je m'accorderai ainsi une pause pour me permettre de traiter ces usages de manière plus approfondie plus tard. Cet article était déjà en préparation depuis plusieurs années, le couper me permet d'enfin le publier sans pour autant en bâcler tout un pan.

Dans les articles à venir également, je vous présenterai quelques exemples de broderies (parfois terminées, parfois en cours) que nous réalisons dans le cadre de l'atelier de brodeurs. Nous évoquerons alors plus en détail les sources, les techniques et les matériaux.

Si l'atelier de brodeurs et les brodeurs eux-mêmes sont fixés dans une aire spatio-temporelle, les ouvrages proposés sont d'origine plus étendue. En effet, la variété des styles de broderies, des écoles, nous semblait aussi primordiale à évoquer pour illustrer la richesse de l'art de la broderie au Moyen-age et, à titre personnel, passionnant à découvrir et approfondir. Nous nous intéresserons donc aux broderies occidentales du XIIe au XIVe siècles !

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